Hautes écoles en danger

Les mesures d’austérité se multiplient et se cumulent aux niveaux fédéral et cantonal. Dans les hautes écoles, la mobilisation reprend ce printemps contre la hausse des taxes d’études et les coupes dans la recherche.

Calamactus

Depuis des mois, comme de nombreux cantons, le Conseil fédéral agite la menace d’un déficit structurel et profond afin de justifier ses coups de tronçonneuse dans les services publics. Il a ainsi ficelé le Programme d’allégement budgétaire 2027 (PAB 27 ou Rapport Gaillard), qui prévoit 2,4 milliards de coupes dès 2027 et 3 milliards dès 2028, à travers 57 mesures d’austérité. On nous annonce déjà qu’il ne s’agit que d’un début pour «stopper la hausse effrénée des dépenses» - à l’exception de celles de l’armée, qui connaîtront une hausse significative d’ici 2032.

Selon le Conseil fédéral, sans ce plan, une hausse supplémentaire de la TVA serait inévitable, alors même qu’il s’agit de l’impôt le plus antisocial de Suisse. Il exclut évidemment toute augmentation de l’imposition des plus riches et se garde bien de rappeler que ses prévisions budgétaires se révèlent systématiquement fausses et excessivement pessimistes (à 1 ou 2 milliards près).

Depuis près d’un an, les secteurs visés par Karin Keller-Sutter et consorts expriment leur opposition aux réductions, voire à la suppression, de financements fédéraux. Tandis que certains acteurs prônent un saccage plus «modéré» des services publics, d’autres, dont le SSP, rejettent le PAB 27 dans sa globalité. Inutile sur le plan financier, ce programme répond avant tout à un agenda politique: affaiblir et privatiser les services publics, dégrader les conditions de travail et supprimer des prestations essentielles pour la population – du moins à celle qui ne peut pas se payer des services hors de prix.

Doublement voire quadruplement des taxes d’études, suppressions de postes et de projets de recherche, abandon d’outils pour la transition écologique, diminution des moyens pour les activités extrascolaires et sportives dédiées à la jeunesse, détérioration des conditions de travail du personnel fédéral, baisse des subventions pour l’intégration des personnes réfugiées ou coupes dans la formation pour l’aide aux victimes: telles sont les mesures acceptées par la majorité de droite du Conseil des États lors de la session d’hiver, parfois en réduisant leur ampleur. Lors de la session de printemps, ce sera au tour du Conseil national de se pencher sur le PAB 27, dont le sort devrait être scellé au plus tard le 20 mars.

Pour mettre une dernière fois la pression sur les autorités fédérales, le SSP Hautes écoles organise des actions décentralisées dans toute la Suisse du 2 au 6 mars. Rejoignez votre comité local et mobilisons-nous pour une recherche indépendante offrant de bonnes conditions de travail, la gratuité des études et le renforcement — et non le démantèlement — des services publics!

Léa Ziegler, secrétaire SSP