L’Union démocratique du centre [1] a adopté ce nom fin 1971, à l’occasion de la fusion du Parti des Paysans, Artisans et Indépendants (PAI, aussi nommé Parti des paysans artisans et bourgeois, PAB) – représenté au Conseil fédéral depuis 1929 – et des deux Partis démocratiques (PD) de Glaris et des Grisons. Trois autres formations sont membres de son groupe parlementaire fédéral, la Lega dei Ticinesi, l’Union démocratique fédérale (UDF) et le Mouvement citoyen genevois (MCG). Par ailleurs l’association Pro Suisse, issue principalement de l’ex-Association pour une Suisse indépendante et neutre (ASIN, fondée en 1986), est plus que proche de l’UDC. Vraisemblablement, l’UDC et ses alliés fidèles (Lega, UDF, MCG, Pro Suisse) forment la plus grande force politique mais aussi populaire du pays. Les médias attribuent à l’UDC quelque 90 000 membres, mais l’estimation n’a pas changé depuis bientôt dix ans; quant à Pro Suisse elle compterait, selon les sources, entre 25 000 et 40 000 membres, avec probablement un grand nombre de doubles adhésions avec l’UDC ou l’UDF. L'UDC serait l'un des deux principaux partis suisses en termes d’adhérent-e-s, avec le PLR qui déclare regrouper plus de 100 000 membres. L’UDC est le premier parti suisse en termes de sièges gagnés lors des dernières élections fédérales au Conseil national, avec 31%, soit 1,5 fois plus que le second parti, le Parti socialiste, mais se situe en 4è position au Conseil des États avec 13% des sièges, loin derrière les partis du Centre, libéral-radical et socialiste.
Son opposition systématique à l’Union européenne (UE), à la libre circulation des personnes, ses positions invariablement xénophobes et anti-politique sociale ne doivent pas uniquement être comprises comme une orientation politique identitaire. Tout d’abord, ses positions reçoivent l’adhésion d’une partie significative des associations patronales et des autorités, probablement parce que les cercles dominants – dont les dirigeant-e-s démocrates du centre font partie intégrante –, voient dans la limitation de la main-d’œuvre un levier essentiel pour contraindre les entreprises à rationaliser davantage encore les processus de production. L'objectif est ici d’économiser le facteur travail afin de rester compétitifs face à la concurrence internationale et donc de garantir de hauts profits. C’est là un des aspects constitutifs du parti pris historique des autorités et de la grande bourgeoisie suisses en faveur d'une réelle xénophobie, y compris institutionnelle. Ce qu'explicite clairement, déjà en 1967, le Rapport du Conseil fédéral sur l'initiative de l'Action nationale [2]. Ensuite, il existe un réel utilitarisme xénophobe, avec la constante préoccupation de maintenir la division des salarié-e-s par la multiplication des statuts légaux et la précarité du permis de séjour ou de travail (et aussi des non-permis). Et enfin, toujours dans l'optique d'accroître la marge de profit patronal, l'UDC joue un rôle réel d'avant-garde dans la lutte pour le démantèlement des acquis sociaux – aussi restreints soient-ils devenus –, s'attaquant ainsi au salaire indirect (les prestations sociales reçues ou pouvant être reçues par les salarié-e-s). C'est une avant-garde néoconservatrice utile par sa puissance politique, par sa malheureuse efficacité, mais aussi par le fait qu'elle peut être désavouée... afin d'imposer des limitations drastiques mais moins violentes que celles qu’elle propose, ce qui permet souvent aux autorités, et également à l'agauche, de crier victoire pour faire passer la défaite des travailleurs-euses. C'est l'un des jeux de rôle fondamentaux de la politique institutionnelle et syndicale dans ce pays.
Un leurre politique
L’initiative «Pas de Suisse à 10 millions! (initiative pour la durabilité)» de l’UDC est un vrai leurre politique. Reprenant une vieille tradition historique de l’extrême droite parlementaire, l’UDC utilise la «surpopulation» et la «patrie» en guise de chimères au centre de sa narration politique xénophobe. Comme, par exemple, avec cette affirmation traitant de la politique d’asile – soit dit en passant, le domaine de l'asile entier ne représente au total (requérant-e-s, réfugié-e-s, admis-es provisoirement) que 2,5% de la population du pays fin 2024 [3] mais, à entendre l'UDC, on dirait qu'il s'agit de 10 à 20 fois plus [4] – dans un article au titre sans détours (Trop d’étrangers et pas les bons – les solutions de l’UDC) : «notre patrie est en train de se faire détruire à petit feu; c’est à peu près aussi rassurant que d’être sur le Titanic et de dire ce n’est [qu’]une petite fuite; nous savons comment cela s’est terminé» [5].
Le parti «démocratique du centre» (dénomination des plus étonnantes dans le cas d'espèce) reprend ainsi les vieux thèmes déjà en vogue dans les années 1930 et remis à l'ordre du jour dans les années 1960 et 1970, lorsque l'Action nationale contre la surpopulation étrangère du peuple et de la patrie (Nationale Aktion gegen die Überfremdung von Volk und Heimat, fondée en 1961), de James Schwarzenbach [6], a lancé ses deux initiatives xénophobes [7]. La première, déposée en 1965 et retirée trois ans plus tard, portait un nom caricaturalement significatif du niveau de névrose phobique des xénophobes: «contre la pénétration étrangère» (sic!); vocables freudiens que reprend abondamment le Conseil fédéral [8]. La seconde, «contre l’emprise étrangère» a été soumise au vote en 1970 et acceptée par 46% des votants. Précisons que l'utilisation du terme emprise, c'est-à-dire l'action de prendre par expropriation, exprime sur le fond la même disposition anxiogène que celle exprimée par l'actuelle expression jumelle de «grand remplacement». L’Action nationale liait Überfremdung (littéralement sur-étrangéisation, habituellement traduit par surpopulation étrangère) et Heimat [9]. Heimat comme équivalent de maison, chez soi, pays, pays natal, petite patrie, parfois patrie tout court, et finalement terroir [10] voire territoire du «nous». Un mélange patriotique-xénophobe-préservateur de la nature.
Aujourd’hui comme à l’époque, avec l’initiative «10 millions», les appâts tels que «Nous sommes trop nombreux» ou «La nature souffre – agis maintenant!» sont destinés à faire passer un discours sur l'urgence du mépris de l’étranger-ère – bien qu'il faille en accepter un grand nombre, y compris du point de vue des identitaires, comme nous allons le voir – avec le double objectif mentionné précédemment, omniprésent dans la propagande de l'UDC. Il s'agit, d'une part, d'entretenir et accroître une forme de rejet de l’étranger-ère et surtout de ses couches les plus vulnérables, d’autre part d'attiser la division des salarié-e-s en mettant dos à dos les segments de cette population (permis pour ressortissant-e-s de l'ALCP, permis contingentés pour ce vaste pays qu'est le Reste du monde, permis très précaires, permis moins précaires, niveaux de qualification, différences sur le phénotype, variations culturelles, religieuses, dissemblances en terme de santé, etc.): diviser pour régner dans le plus pur intérêt des capitalistes.
Ce texte de l’initiative a une autre caractéristique importante: il est inapplicable à moins de militariser totalement la politique démographique et les frontières, ce qui ne peut ni ne pourra être réalisé, et ne pourrait même pas être réalisé s’il y avait 100% d’exécutifs UDC à Berne, dans les cantons et les communes, pas même avec la démultiplication des effectifs de l’armée. Et ça, les dirigeant-e-s de l’UDC le savent parfaitement.
Alors pourquoi lancer une initiative contenant un texte inapplicable? Pour plusieurs raisons. En voici quelques-unes essentielles.
Une UDC euro-identitaire-compatible
Avant de poursuivre il faut comprendre dans quel contexte plus général s’inscrit la domination du paysage politique helvétique par l’UDC. Dans un premier temps a été mise en place la forteresse Europe, autrement dit le système Schengen-Dublin (Schengen en 1985, Dublin en 1990) [11]. Ce dernier est conçu d’abord dans une optique de contrôle de l’immigration [12], ressortissant à l’utilitarisme migratoire, qui s’inscrit dans la politique d’immigration dite choisie. Puis le Traité d'Amsterdam de 1999 a permis d'intégrer Schengen-Dublin à l'UE, intégration réalisée avec une majorité de gouvernements socialistes. Aujourd'hui, nous avons affaire à la montée des droites dites dures [13] dont les divers groupes parlementaires européens totalisent (élections européennes de 2024) 30% des sièges du Parlement européen. Vu la récente alliance de fait avec le principal parti du Parlement européen, le Parti populaire européen (PPE) qui a 26% des sièges, elles ont une claire majorité, déplaçant le curseur encore plus à droite que ce n'était le cas précédemment avec l’alliance socialistes-écologistes-PPE.
Dans ce contexte, les identitaires européens peuvent intervenir sur deux plans décisifs. D’une part, accélérer au niveau de l'UE le durcissement des politiques de contrôle migratoire mises en place par le passé par les socialistes et les libéraux. D’autre part, là où ils sont majoritaires dans les gouvernements nationaux (Hongrie, Italie, République tchèque) ou là où ils constituent simplement un appui essentiel pour une majorité gouvernementale (Finlande, Slovaquie, Suède), les identitaires de différents bords exercent des pressions constantes sur le système Schengen-Dublin, afin de provoquer de nouveaux durcissements sur le rejet de l’asile et le contrôle de l’immigration, sur les conditions de pénalisation des comportements, d'enfermement et d'expulsion des étrangers-ères. Ce processus politique fonctionne également avec les pays ayant des formations identitaires non gouvernementales mais électoralement puissantes, comme c’est le cas dans la majorité des pays de l’UE, Espagne comprise (malgré le mythe sur l’ouverture du pays qui a pris le relais de celui relatif à l’Allemagne de Merkel après 2015). L'UDC, en tant que premier parti politique poids lourd d'un État associé, avec ses pressions constantes pour accroître les durcissements, joue fondamentalement ce même rôle envers l'espace Schengen-Dublin.
La Suisse a rejoint le Pacte migration et asile de l’UE en mars 2025 et a intégré fin 2025 la mise en place de camps d'enfermement pour requérant-e-s d'asile au-delà des frontières de l’Europe [14], ainsi que les tout récents et lourds durcissements au sein de l’espace Schengen-Dublin [15]. Les politiques anti-asile et de contrôle migratoire de l’Union européenne et de la Suisse deviennent ainsi des sœurs siamoises. Cela n’empêche pas l’UDC de revendiquer une «Suisse indépendante et neutre» à l’égard des politiques d'immigration et d'asile communautaires. Ce qu'elle fait à travers pratiquement toutes ses interventions aux niveaux économique, politique, social, culturel et religieux; les programmes quinquennaux du parti le reflètent bien. Pour ce faire, elle occulte sciemment l’intrication et l'interdépendance totales de ces divers niveaux de la réalité Suisse avec l'UE. Cela n’empêche pas non plus l’UDC de combattre bec et ongles l’adhésion à l’Union européenne, éclipsant délibérément le fait qu’aucun pays de l’UE n’est autant intégré et dépendant des autres pays de l’Union que la Suisse du point de vue notamment de la main-d’œuvre, du commerce et de la finance. Il est possible qu’un jour ces contradictions deviendront ingérables pour l’UDC face à sa base sociale, mais pour l'heure elles la portent.
Pourquoi un texte d'initiative pour l’essentiel inapplicable?
L’Autre stigmatisé
Une fois de plus, comme avec pratiquement toutes les initiatives passées, cette initiative désigne à l’opinion publique et, par là même, aux salarié-e-s, l’Autre, c'est-à-dire les étrangers-ères et les sous-catégories par permis de séjour et de travail, ainsi que les sans-papiers, les requérants-es d’asile et débouté-e-s, les Roms, les musulman-e-s [16]. Ces entités sont désignées comme des moutons noirs, tout en ménageant d’immenses portes de sortie légales pour accepter massivement les personnes de ces origines, très nombreuses, qui sont indispensables à l’économie, autrement dit au patronat et qu'il faut donc faire venir. En effet, hormis l'immigration fortunée de tout horizon accueillie sans retenue, les salarié-e-s qualifié-e-s et très qualifié-e-s ou facilement qualifiables, ainsi que les nombreux-ses non qualifié-e-s – en partie ayant un permis, en partie sans-papiers même si le patronat ne peut se passer d'eux – sont indispensables pour la reproduction du profit capitaliste. Pour que cette stigmatisation porte, il faut charger à fond l’étranger-ère de tous les maux. Les textes de l’UDC sont innombrables, caricaturaux et effrayants à ce sujet. Citons l’article intitulé Presque tous les problèmes de la Suisse sont dus à l’immigration – l’initiative populaire «Pas de Suisse à 10 millions (initiative pour la durabilité) est la solution!» [17] qui, une fois lu, rend le mot «presque» du titre réellement superflu. La PDG de la multinationale EMS Chemie et vice-présidente de l'UDC, Magdalena Martullo Blocher va jusqu'à reprocher au personnel frontalier le dumping salarial pratiqué par les employeurs: « Au Tessin, l’immigration a baissé les salaires de 20%» [18]. La PDG devrait pourtant savoir que c'est le patronat qui décide des salaires et non les salarié-e-s.
L'Autre abuseur
L’autorité politique, Parlement et partis de l'agauche y compris, a institutionnalisé des politiques répressives complexes de limitations des droits démocratiques fondamentaux généraux (citons la Loi sur les mesures de contrainte, le casier judiciaire, les certificats d’honorabilité, les prescriptions sur le devoir de fidélité et de réserve, la limitation des droits de manifester, etc.), impliquant de manière spécifique les différents permis de séjour et de travail, y compris le (non-)statut d’illégal (sans-papiers, débouté-e-s de l’asile). Elle a plus particulièrement même légalisé les menaces de retrait de permis en cas de recours (légal) à des institutions de politique sociale pour les étrangers-ères.
La propagande de l'UDC se focalise entre autres sur ces aspects afin de les rigidifier. Cela passe par la mise en relief de l’Autre convenable voire, s’il se fait tout petit, intégrable ou intégré, ce qui toutefois, dans la langue fédérale, signifie simplement assimilé. Dès lors, on glisse vers l’Autre non plus comme étranger-ère mais simplement comme la personne qui abuse de «nous» (suisses) si elle ne se fait pas toute petite, si elle a des prétentions, des revendications, voire si elle exige d’être réellement intégrée (nous revenons sur cette notion dans le sous-chapitre ci-après). Ce glissement va, par la magie idéologique de l’évidence des choses [19] puis par entraînement du fait de l’égalité de traitement, être étendu à l’Autre d’ici, autrement dit l’abuseur-euse d’ici, à savoir la personne qui profite de «notre» bien-être, de «nous» les actifs-ves en bonne santé physique et psychique, non marginaux-ales et soumis-es à l’autorité. Ces abuseurs-euses sont les personnes qui ont besoin de se faire épauler par les assurances sociales ou les institutions de santé, celles qui défendent leurs droits, celles qui, étant à la marge, nécessitent des soins, des aides, des soutiens, mais aussi celles qui s’opposent à l’autorité dans le monde du travail ou dans la contestation politique au sens large.
Il faut bien comprendre que l’étranger-ère, l’Autre, est à la fois l’amorce et le seuil, l’angle d’attaque, des acquis sociaux – ou de ce qu’il en reste – de tous les salarié-e-s, l’étranger-ère étant ici une sorte d’appât pour faire passer la pilule à tout le monde. C’est d’autant plus important à comprendre que l’UDC est un parti à la fois néoconservateur et ayant une réelle base sociale et électorale populaire aujourd’hui, à travers le parti autant que, indirectement, à travers l'association Pro Suisse. Rien de comparable côté Parti socialiste ou Les Vert-e-s, qui, malgré bien des nuances, défendent les institutions en place et les couches moyennes ou aisées.
L'Autre intégrable… ou pas
Revenons ici d’abord sur l’intégration pour conclure sur le lien entre l'intégration version UDC et l'initiative «Pas de Suisse à 10 millions!». Nous entendons par intégration la reconnaissance et le soutien des valeurs et des cultures réciproques de la part de l’hôte (sachant que le mot hôte a un double sens en français, celui qui accueille et celui qui est accueilli), sans concessions cependant sur le respect des droits démocratiques et sociaux de tous les êtres humains concernés. Or la version UDC de l’intégration se décline en mode assimilation, dans le sens où celle-ci est l’action consistant à rendre l’autre semblable ou identique. Prenons une publication majeure de l’UDC sur la question, L'intégration n'est pas un libre-service [20]. Elle émet d’abord quelques propos sur l’intégration et l’assimilation qui semblent ouverts: «Intégration ne signifie pas que la culture suisse doit s'adapter ou s'ouvrir, pas plus qu'elle n'exige de l'immigrant d'abandonner ses habitudes et ses origines et de se fondre totalement dans une nouvelle culture. Il s'agirait alors de ladite assimilation.» Puis, elle en vient au noyau dur de son argumentation 100% assimilationniste, en voici un florilège:
- il est «normal que l'effort d'intégration vienne des immigrants»,
- «l'intégration est l'insertion optimale des immigrés dans la société du pays hôte»,
- «les minorités s'adaptent aux majorités et non inversement»,
- «un autre problème réside dans l'origine culturelle des immigrants. Alors que dans les années 60 du siècle passé, il s'agissait surtout d'immigrants provenant de pays d'Europe du Sud marqués par la culture chrétienne», omettant de préciser par exemple que les «chrétien-ne-s» saisonniers-ères étaient traité-e-s comme du bétail, que les Roms, Sintis ou Jenish d'ici ou d'ailleurs et même «chrétien-ne-s» étaient traité-e-s comme des sous-humains et sont encore fort maltraité-e-s.
- cependant «même si l'immigration de pays culturellement proches, comme par exemple l'Allemagne, pose moins de problèmes, on ne peut pas affirmer pour autant que ces personnes s'intègrent facilement dans la société suisse. Nombre d'Allemands ou de Français immigrant en Suisse ne se rendent pas compte qu'il existe tout de même des différences culturelles»,
- par ailleurs «nombre de [personnes] sont intégrées dans le marché du travail, mais elles travaillent au noir faute d'un permis de travail. Une intégration n'est évidemment pas possible dans ces conditions. [Elles] doivent quitter la Suisse. [Revendiquer ici] de prétendus droits fondamentaux mine la politique suisse concernant les étrangers».
Suit un méli-mélo de menaces et de reproches envers les «étrangers-ères», notamment d’être trop représenté-e-s dans les institutions sociales, au chômage, dans les classes d’école particulièrement du primaire, de porter trop souvent le foulard, de refuser les valeurs et les traditions chrétiennes, de transposer des conflits étrangers en Suisse, etc.
Avec également l’insertion d’une phrase sur «le crime organisé» qui entrave l’intégration, mais sans désignation territoriale explicite pour caractériser ce «crime organisé», par crainte de tomber sous les coups de l’article 261 bis du Code pénal qui interdit la haine ou la discrimination de groupes sociaux.
Nous avons aussi droit à un propos concernant le refus de naturaliser automatiquement les étrangers-ères de troisième génération avec cette justification: «pourquoi naturaliser automatiquement la troisième génération alors que ni la première, ni la seconde n'ont voulu faire l'effort de se naturaliser», ce qui serait un gag excellent dans Tintin mais prend une tournure dramatique dans un document politique.
Pour donner un liant à tout cela, il faut ajouter deux points de conclusion générale de ce «document de fond»: «L'intégration n'est pas une tâche de l'État. Elle doit être exigée des immigrants» et «si un immigrant refuse de s'intégrer, le permit [sic] de séjour ou d’établissement doit lui être retirée [re-sic]». Autrement dit, intégrer signifie exclusivement assimiler, et en aucun cas reconnaître et intégrer la culture – au sens large – d’autrui, dans le cadre du respect des droits démocratiques.
On retrouve exactement les mêmes exigences assimilationnistes, avec des formulations plus soft et quelques petits éléments d’ouverture en plus, dans la législation helvétique. À nouveau, l’UDC a été et est ici à l’avant-garde des durcissements passés et en cours.
Si vous avez le courage de vous plonger dans la prolifique documentation des démocrates du centre autour de l’initiative «Pas de Suisse à 10 millions!», vous constaterez qu’elle intègre largement cette question, expliquant que non seulement «la durabilité, […] c’est vivre dans les limites de notre territoire, protéger nos ressources naturelles et assurer à nos enfants une Suisse pétrie de verts pâturages et de libertés» [21] mais que, pour cela, il faut à la fois expulser et limiter drastiquement les nouvelles arrivées, comme le propose l’initiative «10 millions». Ce qui signifie notamment expulser qui dépend de l'aide sociale au sens large, rendant ainsi encore plus précaires les perspectives d'intégration. Mais cela signifie aussi séparer les familles en restreignant drastiquement le regroupement familial, car «cette forme d'immigration entraîne en règle générale des coûts sociaux élevés ainsi que des mesures d'intégration excessivement chères», écrit le conseiller national UDC Michaël Buffat [22]. L'UDC raisonne ici en passant subrepticement d'un sujet à l'autre en opérant de purs glissements de sens.
L'Autre criminel
Cette politique, que l’on qualifiera selon les tournures qu’elle prend, de raciste, identitaire, xénophobe, chauvine, va de pair avec des discours sécuritaires, en gommant la différence entre la sécurité et le sécuritaire, niant ainsi le fait que la première est une affaire de droits démocratiques, le second une affaire de négation des droits démocratiques. On va alors étrangéifier la «criminalité» ou du moins ce que l'on qualifie en tant que telle au nom de la sécurité. C'est la figure du «criminel étranger», qui a été un sujet de votation à deux reprises: en 2010 «Pour le renvoi des étrangers criminels», ajoutant un principe de double peine (détention plus expulsion) à tous les étrangers-ères, initiative acceptée par 52% des votant-e-s, et en 2016 «Pour le renvoi effectif des étrangers criminels», pour une application stricte de l'initiative de 2010, refusée toutefois par 59% des votant-e-s. Cela représente en tout six ans de campagne de type rouleau compresseur de l'UDC, six ans de fantasmes anxiogènes déversés contre les étrangers-ères, pour deux initiatives martelant répétitivement l’association des deux notions de criminalité et d'étranger...
Le personnage criminogène est l'étranger en général et toujours au masculin: étranger, requérant d'asile, Rom accusé en 2018 par les Jeunes UDC bernois d’apporter poubelles et excréments, frontalier inclus dans «la racaille d'Annemasse[23]» (ville frontalière de Genève). Ce sont également Faruk l'«assassin», Ismir l'«abuseur social», Ivan (pas Yvan, mais Ivan) le «violeur» [24]. Bref tout est là pour assimiler l’Autre, l'étranger, à la criminalité, induisant l’idée que la politique anti-étrangers-ères est une politique sécuritaire, faisant ainsi de la sécurité – par osmose entre les deux notions – une affaire de répression policière ciblée de surcroît. L'affaire est claire pour les raccourcis de l'UDC: «Les Suisses ne veulent pas d’une Suisse à 10 millions d’habitants, ils en ont assez [...] de l’augmentation de la violence et de [la] criminalité», est-il écrit dans un texte consacré à l'initiative «Pas de Suisse à 10 millions!» rapportant les propos de Thomas Matter, banquier fortuné et vice-président de l'UDC [25].
Effacer les droits démocratiques internationaux
Une autre raison du lancement de cette initiative, bien qu'elle soit impossible à appliquer, est qu'il s'agit de poursuivre l'œuvre de déstabilisation et, à terme, de destruction de la justice internationale, car elle constitue un rempart de plus, supranational, pour les droits démocratiques et sociaux. Mais l’UDC ne parle pratiquement jamais de «justice internationale», vocables qui pourraient être positifs. Non, elle parle de «juges étrangers», dénomination plus proche de l’idéologie identitaire xénophobe, ne se référant pas à la «justice» mais à des «juges» (c'est plus brut), ni à «internationale» mais à «étrangers» (c'est plus... problématique) «nous» dictant «leur» loi.
Le «juge étranger» est une référence implicite mais tout à fait consciente de l'UDC à la légende du bailli (représentant de l'empereur, époque de la Renaissance) Hermann Gessler à Uri, que la mythologie historique définit comme un étranger (mais en réalité il obéissait aux Habsbourg, d'origine argovienne... donc pas si étrangers que ça du point de vue identitaire «suisse») qui, dans la légende patriotique de Guillaume Tell, à la fin du XIIIèsiècle, particulièrement prisée par les nationalistes de tous bords (qui ignorent ou font semblant d'ignorer que c'est une légende danoise qui, par métissage, a inspiré l'entièreté de la légende tardive suisse) vient oppresser les «Suisses» à une époque où la Suisse n'existe pas...
Dans un texte – il y en a plusieurs sur le même registre – de l’UDC sur l’initiative «Pas de Suisse à 10 millions», on peut lire ces propos réalisant des associations d’idées en forme d'hyper raccourci: «Quelle Suisse voulons-nous? Les électeurs l’ont clairement exprimé: Nous voulons une Suisse indépendante et neutre. Nous ne voulons pas d’un traité de soumission avec l’UE, ni de juges étrangers» [26]. Toute remise en question de l’«étranger» constitue une occasion valable, pour l’UDC, pour remettre en question notamment les juges étrangers et, par là même, non pas des mécanismes européens de régulation d'un domaine donné mais, plus largement, les droits démocratiques nationaux et les institutions de recours internationales sur les droits démocratiques. Ce sont exactement ces mêmes campagnes que mènent les gouvernements néoconservateurs hyper autoritaires de Fratelli d'Italia de Giorgia Meloni, en Italie, et des Républicains de Donald Trump, aux États-Unis.
Occuper l'espace politique
Les initiatives anti-étrangers-ères – dont «Pas de Suisse à 10 millions» est l’avant-dernier produit mais d’autres sont déjà annoncées – servent aussi à occuper en permanence l'espace politique fédéral, le débat politique, en revenant à la charge constamment, depuis 58 ans, autrement dit deux générations du point de vue historique, avec des discours radicalement xénophobes. Cela se concrétise par 46 campagnes fédérales d’initiative ou de référendum contre l’«étranger», y compris les deux dernières initiatives déposées mais pas encore votées: «Pas de Suisse à 10 millions! Initiative pour la durabilité», qui a abouti en mai 2024, au centre de ces pages, et «Stop aux abus de l’asile! Initiative pour la protection des frontières», issue aussi de l’UDC, qui a abouti en novembre 2025. Sans compter les innombrables interpellations, motions et initiatives parlementaires fédérales: 158 dépôts sur l’asile ou l’immigration rien qu’en 2025, avec l’UDC largement en tête. Sans compter les nombreuses votations populaires cantonales et communales anti-étrangers-ères un peu partout en Suisse pendant ces mêmes décennies, ni les pétitions locales sur la même phobie. Cela ressemble à une vraie pathologie: la trouille de l'autre, les affres du grand remplacement. Précisons que nous laissons de côté, dans ces commentaires, les dix votations à propos de l’Europe et de l’Union européenne.
Or ce constant débat xénophobe qui occupe le terrain depuis l'après-Seconde Guerre mondiale s’inscrit dans le prolongement d’un siècle, qui va de la fondation de la Suisse contemporaine (au milieu du XIXè siècle), à la moitié du XXè siècle, avec la fin de la collaboration économique avec le régime nazi, suivie du début de celle avec le régime raciste d'Afrique du Sud dans laquelle le dirigeant de l'UDC Christoph Blocher jouera un rôle important. C’est une période de discours dominants xénophobes (contre les habitant-e-s des autres cantons, puis les Français-es, ensuite les Allemand-e-s), racistes (Tsiganes, Juifs-ves) et discriminants (enfants de familles démunies et personnes ayant un handicap) de la part de la majorité des partis du pays et des autorités, de la commune à la Confédération.
À l’avant-garde de la guerre des riches contre les autres
Le fond de ces positions prenant leur assise dans l’idéologie identitaire et s’avançant contre les droits sociaux et du travail réside dans la volonté d’accroître l’inégalité sociale du fait de la remise en question de la redistribution de la richesse sociale: «l’excès d’aisance sociale menace la prospérité», est-il écrit dans le programme 2023-2027 de l’UDC. Et, plus précisément, dans la remise en question de l’impôt: «l’UDC combat donc tous les nouveaux impôts, taxes et redevances et exige des allégements fiscaux». La lecture attentive des trois chapitres «Finance, impôts et taxes», «Politique migratoire» et «Oeuvres sociales» du programme 2023-2027 de l’UDC, offre une illustration parfaite de cette narration qui impartit tous les maux aux immigré-e-s, pour ensuite subrepticement glisser du même discours vers les bénéficiaires de quelque aspect que ce soit de la politique sociale, puis en venir à la remise en question, d'une part, de toutes les assurances sociales, au nom de la responsabilité individuelle («Pour une Suisse dans laquelle chaque citoyenne et chaque citoyen agit sous sa propre responsabilité en revendiquant le moins possible l’aide de l’État») et, d'autre part, d’une économie redistributive («Un état qui atteint ses limites») en exigeant toujours plus d’allégements fiscaux.
Pour une politique des migrations et d’asile démocratique
À partir de là, une chose semble claire, la bataille ne va pas se limiter à la votation contre l’initiative «Pas de Suisse à 10 millions!». Que l’initiative obtienne la majorité ou non lors du vote aura de toute façon pour résultat d’induire un énième durcissement. Et cette fois-ci ce sera probablement encore plus dur que par le passé – c'est déjà en route avec notamment l'adoption des nouvelles normes européennes à la suite du Pacte sur l'immigration et l'asile –, de la politique à l’égard des étrangers-ères réguliers-ères, des sans-papiers, des requérant-e-s d’asile et, en corollaire, de la politique sécuritaire de restriction des libertés. Avec toutes les conséquences prévisibles sur les secteurs sociaux les plus vulnérables de la population et contre les défenseurs-euses des droits démocratiques. Car, aussi étonnant que cela puisse paraître, il est encore possible de durcir les très dures politiques en matière de migrations, d’asile et de politique sociale de la Suisse, comme de l’Union européenne au demeurant.
Pour conclure cette longue introduction, il nous semble essentiel de signaler les lignes directrices pour une politique des migrations et d’asile démocratique. Pour cela nous ne pouvons que nous référer notamment à:
- la Convention de sauvegarde des droits de l’homme et des libertés fondamentales du 4 novembre 1950 et ses protocoles [27];
- le Pacte mondial pour des migrations sûres, ordonnées et régulières de l’ONU [28];
- la Convention de 1951 relative au statut des réfugié-e-s de l’ONU [29].
Le Pacte n’a pas été signé par la Suisse, les deux Conventions ont été ratifiées. Les documents sont là, la bataille pour l'adoption du Pacte et pour le respect des Conventions – qui sont de plus en plus souvent foulées aux pieds par les autorités politiques et administratives du pays mais aussi par les tribunaux – est plus que jamais d'actualité.
Dario Lopreno, membre SSP - Région genève
[1] L’UDC porte ce nom en français, italien et romanche, mais se nomme littéralement Parti du peuple suisse (Schweizerische Volkspartei, SVP) en allemand.
[2] Rapport du Conseil fédéral à l'Assemblée fédérale sur l'initiative populaire contre la pénétration étrangère (du 29 juin 1967), 17 août 1967, chapitre 4. Évolution depuis 1960.
[3] SEM, Statistique en matière d’asile 2024, 17 février 2025 et OFS, Plus de 9 millions d’habitants en Suisse en 2024, malgré un recul des naissances, 3 avril 2025.
[4] Un peu comme en France où, après des décennies de matraquage islamophobe, les sondages récents indiquent que la majorité des sondé-e-s pensent qu'il y aurait plus de 30% de «musulmans» alors qu'ils-elles sont quelque 8% (sondages qui ne tiennent pas compte du fait que le qualificatif musulman recouvre toutes les pratiques et non-pratiques possibles). Cf. Guillaume Poingt, Les Français estiment que les musulmans représentent 31% de la population française, Les Échos, 10 décembre 2016.
[5] Mike Egger, Trop d’étrangers et pas les bons – les solutions de l’UDC, 16 août 2025, site de l’UDC.
[6] James Schwarzenbach a été, avant les années 1960, membre du Front national, une organisation suisse proche du fascisme italien et du nazisme, puis directeur des éditions zurichoises Thomas qui ont publié des textes antisémites.
[7] Jakob Tanner, L’extrême-droite devient la nouvelle normalité, Direct Magazine, 20 février 2025 (https://direct-magazine.ch).
[8] La «pénétration» étrangère est une expression utilisée d'abord dans le Rapport du Conseil fédéral (du 29 juin 1967) cité dans la note 2, p. 79, puis elle est utilisée répétitivement dans le Rapport du Conseil fédéral à l'Assemblée fédérale sur la seconde initiative populaire contre l'emprise étrangère, 22 septembre 1969.
[9] Heimat fait fondamentalement référence au Heim, le foyer, la maison, l'utérus idéologique contenant la famille et par là même la famille territoriale des identitaires; patrie fait référence aux pères, les patres latins, les ancêtres, hommes mis au féminin car matrifiés en Mère patrie d'où le terme féminin la patrie, une sorte d'hermaphrodite des patriotes et identitaires.
[10] Anne Lagny, Entre communauté et territoire: traduire le terme de «Heimat», in La traduction dans une société interculturelle, Niall Bond et alii, éditions Hermann, Paris, 2022.
[11] Accord de Schengen: en sont membres les États de l’UE (sauf Chypre), plus l'Islande, le Liechtenstein, la Norvège et la Suisse. A priori, il se présente comme la libre circulation des personnes au sein des États signataires avec la suppression des frontières intérieures. De fait, il s’agit d’un système de reconnaissance de la libre circulation pour les besoins de main-d’œuvre aux quatre coins de l’UE, pour institutionnaliser le dumping salarial malgré des garde-fous volontairement inefficaces.
Règlement Dublin: a priori, il s’agit du fait que les demandeurs-euses d’asile déposent leur demande dans le premier pays où ils ont séjourné dans l'Union européenne. Ce qui induit un nombre impressionnant de renvois entre États, de lieux d’enfermement, de passages dans une vie clandestine, de séparation de familles, etc. Et aussi une répartition volontairement fort inégale des demandes d’asile à charge des pays limitrophes avec comme corollaire le rejet massif d’arrivées, que l'on peut faire passer pour inévitable, de la part des États limitrophes, ce que les récents changements (amenant un tant soit peu de répartition des requérant-e-s) ne vont pas changer.
Les deux systèmes ainsi mis en place ont induit des polices spéciales, des garde-frontières militarisés sur terre, sur mer et dans les airs, de nombreuses bases de données d’espionnage de masse, de contrôle, de suivi, de fichage et un nombre impressionnant de personnes allant jusqu’à risquer et perdre leur vie pour y échapper.
[12] Nous qualifions cette politique de «contrôle», dans le sens où elle est une tentative constamment renouvelée de contrôle migratoire. Mais il est clair que les mouvements migratoires, comme les mouvements démographiques généraux, ne sauraient être contrôlés à proprement parler autrement qu'à court terme. Tout au plus un pouvoir militaro-politique peut durcir la surveillance des frontières et faire diminuer conjoncturellement l’immigration; ou alors il peut nettoyer ethniquement, voire exterminer, mais ce n’est plus là du contrôle.
[13] Conservateurs et réformistes européens (ECR), Patriotes pour l’Europe (PfE), Europe des nations souveraines (ESN), et plus de la moitié des 33 non-inscrit-e-s (NI) dans un parti.
[14] Rappelons ici qu'en 2022, Migreurop recense – vraisemblablement non exhaustivement – au sein de l'UE 399 camps d'enfermement en activité pour migrant-e-s et 303 camps aménagés mais inactifs (Migrinter, Les camps de personnes migrantes en Europe, semaine Data SHS, 9 décembre 2022, Poitiers).
[15] Conseil fédéral, Message relatif à l’approbation et à la mise en œuvre des échanges de notes entre la Suisse et l’Union européenne concernant la reprise des règlements (UE) 2024/1351, (UE) 2024/1359, (UE) 2024/1349, (UE) 2024/1358 et (UE) 2024/1356 (pacte européen sur la migration et l’asile) (Développements de l’acquis de Schengen et de l’acquis de Dublin/Eurodac), 21 mars 2025. À ce sujet, sachant que le Pacte européen sur la migration est un concentré de durcissements politiques sur les migrations et l’asile, il vaut la peine de mentionner le Rapport du Secrétariat d’État aux migrations (SEM, mars 2025) sur les résultats de la procédure de consultation: «Le PS [Parti socialiste] soutient certes la reprise du pacte européen, notamment parce que la Suisse n’est pas impliquée dans de nombreuses dégradations des droits des requérants d’asile qu’il entraîne. Il considère en outre comme impérative l’adhésion au système de migration et d’asile de l’UE afin de mettre en place la future politique commune et solidaire en la matière» (sic!).
[16] Bien que le-la musulman-e, en tant qu'allégorie politique de nouvelles composantes de l'immigration, soit devenu-e l'une des cibles privilégiées de la haine xénophobe systématiquement désignée et ciblée par l'UDC, l’antisémitisme reste une valeur puissante et répandue dans la population, une des valeurs cardinales des identitarismes, pas nécessairement de l'UDC même si bien de ses membres ont des accointances avec des réseaux d'extrême droite fascisante, tandis que le pouvoir n’a pas, à l’heure actuelle, besoin de l’attiser. Il n’en va pas de même du rejet identitaire des Roms qui, bien que séculaire, est encore et toujours alimenté par les autorités et les partis dominants.
[17] Thomas Aeschi, 12 octobre 2024, site de l’UDC.
[18] Magdalena Martullo Blocher, Si nous voulons conserver nos salaires et notre qualité de vie, nous devons décider nous-mêmes combien d’immigrants nous acceptons!, 31 août 2020, site de l'UDC.
[19] Pour comprendre ce qu’est l’évidence des choses, il suffit de prendre un exemple: chaque jour je vois le soleil passer d’un côté à l’autre de mon ciel, c’est bien la preuve que le soleil tourne autour de la terre...
[20] L'intégration n'est pas un libre-service. Document de fond de l'Union démocratique du centre (UDC), 2013.
[21] Jacques Nicolet, Gardons notre qualité de vie: OUI à l’initiative pour la durabilité, pas de Suisse à 10 millions, 13 novembre 2025, sur le site de l’UDC.
[22] Michaël Buffat, Qui sont en réalité ces immigrants, Édition spéciale, UDC, septembre 2020.
[23] Cela figure sur l'une des affiches de l'UDC lors de la campagne autour des deux initiatives sur les « étrangers criminels ».
[24] Ce sont les noms et qualificatifs donnés à des personnages à peaux un peu sombres en photos sur des affiches de l'UDC lors de la campagne autour des deux initiatives sur les «étrangers criminels».
[25] Texte non signé intitulé Rejet au Parlement de l’initiative pour la durabilité: L’UDC est le seul parti engagé contre l’immigration de masse!, 25 septembre 2025, site de l'UDC.
[26] Marco Chiesa, président de l’UDC de 2020 à 2024, Les Suisses ne veulent pas d’une Suisse à 10 millions d’habitants!, sur la page internet du parti consacrée à l’initiative.
[27] Cf. https://www.fedlex.admin.ch/eli/cc/1974/2151_2151_2151/fr
[28] Cf. https://documents.un.org/doc/undoc/gen/n18/452/00/pdf/n1845200.pdf
[29] Cf. https://www.fedlex.admin.ch/eli/cc/1955/443_461_469/fr

