Budget fédéral 2027: de l’argent pour les armes, l’austérité pour les hautes écoles

de: Fabio Höhener, secrétaire central SSP

Le Conseil fédéral se félicite d’un excédent budgétaire. Or celui-ci repose notamment sur les coupes sévères dans la formation et la recherche. Le SSP demande la suspension immédiate des coupes dans le domaine des hautes écoles.

Eric Roset

Le 24 juin 2026, le Conseil fédéral a adopté les grandes lignes du budget 2027 et présenté un excédent structurel conforme au frein à l’endettement. Certes, les mesures d’économies supplémentaires dans le domaine des hautes écoles, brandies en avril sur un ton alarmiste et présentées comme absolument indispensables, sont pour l’instant écartées. Mais les effets des coupes prévues dans le cadre du mal nommé programme d’allègement 27 ne se feront sentir que plus tard.

La Confédération pourrait sans autre se permettre un déficit. Si elle ne le fait pas et qu’elle coupe au contraire dans les hautes écoles, c’est en raison de l’idéologie étriquée du frein à l’endettement, et non de la situation financière réelle. Le SSP combat le programme d’allègement 27 depuis le début. De nombreuses actions ont été menées dans toute la Suisse au sein d’une large alliance. Après le retrait de certaines coupes dans le domaine de la formation, le SSP a fait savoir avec ses partenaires que chaque franc supprimé va cruellement manquer: des projets de recherche importants disparaissent, les conditions de travail précaires de la relève académique dans les hautes écoles restent mauvaises, et la hausse des taxes d’études crée davantage d’inégalités et entrave l’accès aux études.

Le SSP avait vu juste: il ne faut pas se laisser tromper par le catastrophisme habituel de la planification budgétaire, qui ne sert qu’à justifier le choix politique de la politique d’austérité. La logique de la droite est claire: quand il y a de l’argent, il est consacré au réarmement ou aux baisses d’impôts. Quand il semble en manquer, on coupe dans le service public et dans la formation.

Le SSP demande donc que les recettes supplémentaires servent à revenir sur les coupes effectuées dans la formation et la recherche ainsi que dans les autres domaines du service public, avant qu’elles ne déploient pleinement leurs effets.