Une rentrée sous le signe de la lutte contre l’austérité

de: Communiqué SSP- actionuni

En ce début de semestre académique, les mobilisations reprennent de plus belle dans l’ensemble des Hautes écoles suisses.

Eric Roset

Étudiant·es, chercheur·euses et salarié·es des universités, des Hautes écoles spécialisées et des Écoles polytechniques fédérales s’unissent pour s’opposer aux hausses des taxes d’études et aux coupes drastiques prévues par le Conseil fédéral dans le budget dédié à la recherche. Des actions décentralisées sont prévues du 24 septembre au 2 octobre à travers toute la Suisse ainsi qu’une manifestation à Berne le 1er octobre organisée par l’UNES.

Au printemps 2025, suite à la publication du « Programme d’allégement 27 » du Conseil fédéral, des associations et des syndicats d’étudiant·es, de chercheur·euses et de salarié·es de plusieurs Hautes écoles (universités, HES et Écoles polytechniques fédérales) de Suisse romande et de Suisse alémanique se sont constitués en coalition. Une résolution avait été votée et transmise aux autorités fédérales en guise de réponse à la consultation.

Aujourd’hui, l’organisation sur le terrain s’est encore renforcée. Davantage de hautes écoles ont rejoint le mouvement, y compris au Tessin.

Et il y a de quoi: malgré les larges oppositions émanant du terrain, des institutions et des cantons, le Conseil fédéral prévoit toujours de diminuer de 431 millions de francs par an ses investissements dans le domaine de la formation, de la recherche et de l’innovation. Il reste décidé à baisser sa subvention au Fonds national suisse (FNS) de 11 %, à réduire de 200 millions de francs le financement des Hautes écoles, à couper dans la recherche de l’administration fédérale et à supprimer la contribution de la Confédération visant à soutenir des projets au sein des Hautes écoles. Cette coupe concerne notamment la contribution “Promotion de la relève scientifique”, un financement gagné de haute lutte par les associations du corps intermédiaire et les syndicats, destiné à améliorer la situation du personnel de l’enseignement et de la recherche.

Ces décisions politiques auront pourtant des effets absolument catastrophiques et très concrets. En entrainant la suppression d’au moins 500 projets de recherche et quelque 1’500 postes financés par le FNS, elles aggraveront la situation d’un corps intermédiaire déjà fortement précarisé. En doublant et parfois quadruplant la hausse des taxes d’études, elles impacteront fortement les étudiant·es, au point où certain·es devront renoncer à leur formation, faute de moyens. En interrompant des programmes spécifiques destinés à la relève académique, à l’égalité femme-homme, à la diversité ou encore la durabilité, elles mettent un coup d’arrêt à des politiques nécessaires d’amélioration du domaine de la formation, de la recherche et de l’innovation en Suisse, politiques pourtant décidées, soutenues et votées par le Parlement fédéral.

Ce désossement de nos Hautes écoles décidé par le Conseil fédéral sur la base du seul rapport Gaillard et au mépris du résultat de la consultation restreindra encore davantage l’accès à la formation et privera la Suisse de recherches scientifiques essentielles pour notre santé, pour l’éducation de nos enfants, pour l’innovation technologique ou encore pour la culture.

Face au désengagement de la Confédération et à sa volonté de casser les services publics au détriment de la population, on aurait espéré que les cantons prennent le relais et amortissent le choc. Or, nous nous trouvons face à de nombreux programmes d’austérité cantonaux qui, eux aussi, s’attaquent aux Hautes écoles et à leur communauté.

Pour toutes ces raisons, les étudiant·es, chercheur·euses et salarié·es des Hautes écoles de Suisse relancent la mobilisation afin de se faire – enfin – entendre et de repousser ces attaques. En parallèle de l’action organisée par l’UNES et ses partenaires sur la Place fédérale le 1er octobre à 17h, notre coalition se mobilise dans plusieurs Hautes écoles. Plus d'infos.