Soutien aux mobilisations contre les politiques d’austérité et respect des droits syndicaux

Résolution adoptée par l'Assemblée des délégué-e-s de l'Union syndicale suisse, le 5 décembre 2025

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Soutien aux mobilisations contre les politiques d’austérité dans le canton de Vaud et à Genève, et respect des droits syndicaux par le Conseil d’Etat genevois

Des attaques de grande ampleur sont en cours au niveau fédéral et dans plusieurs cantons contre les conditions de travail des salarié-e-s du secteur public et contre les prestations à la population.

Au niveau fédéral, les autorités veulent sabrer dans le budget pour augmenter massivement les montants alloués à l’achat d’armes. Il en irait de la menace russe, argument qui semble avoir retrouvé sa fonction politique de hochet pour démanteler les droits sociaux. Le rapport d’experts dit «Gaillard» sert de feuille de route à Mme Keller-Sutter. Il propose de supprimer les avancées politiques obtenus par les organisations syndicales et de défense des locataires, les associations de défense du climat et, plus généralement, toutes les organisations progressistes.

Les salarié-e-s de la Confédération sont spécialement visé-e-s avec la volonté de supprimer de postes. Il s’est trouvé une majorité à l’Assemblée fédérale pour faciliter les licenciements, décision préparant l’assaut préconisé par « Gaillard » et consorts.

Ces attaques se déclinent également dans les cantons, avec des coupes particulièrement violentes à Fribourg, dans le Canton de Vaud et à Genève.

  • À Fribourg, le canton gèle les indemnités, supprime la compensation pour les métiers pénibles, modifie la grille des salaires pour supprimer les progressions automatiques ainsi qu’imposer des réductions de salaires sur trois ans occasionnant un manque à gagner entre 6'000 et 12'000 francs.
  • Dans le Canton de Vaud, le projet de budget 2026 prévoit l'instauration d'une «contribution de crise» sur le dos du personnel à laquelle s'ajoutent des coupes par exemple dans l'enseignement avec la suppression des décharges de fin de carrière.
  • A Genève, le projet de budget prévoit Ine gel des salaires sur quatre ans avec des coupes dans le service public, dix millions de francs rien que pour les Hôpitaux universitaires (HUG).

Si les salarié-e-s du secteur public sont la cible, ces mesures touchent également les salarié-e-s du privé. Le service public et les prestations de l’Etat représentent une part souvent importante de leur revenu (salaire indirect), que l’on pense par exemple aux subsides d’assurance maladie que les autorités tant fédérales et que cantonales veulent raboter.

Les autorités veulent imposer l’austérité après des baisses d’impôts qui ont surtout profité aux grosses fortunes. La palme de l’indécence revient au Conseil d’Etat vaudois qui durant plus d’une décennie n’a tout simplement pas imposés plusieurs milliardaires. Résultat : les caisses de l’Etat ont été spoliées de plus d’un demi-milliard de francs. Des mobilisations ont eu lieu et sont en cours dans les trois cantons. Des milliers de salarié-e-s ont fait grève et se sont mobilisé-e-s à Genève; des dizaines de milliers dans le Canton de Vaud. Après une grève en octobre à Fribourg, le Programme d’assainissement des finances (PAFE) est contesté par référendum.

L’austérité s’accompagne de violations de la liberté syndicale. Ainsi, le Conseil d’Etat vaudois, malgré une mobilisation sans précédent, refuse carrément de négocier avec les organisations du personnel, un principe démocratique pourtant élémentaire. A Genève, le Conseil d’Etat veut exclure le SSP des échanges.

Voici le contexte : à Genève, le déficit budgétaire est lié aux deux baisses d’impôts dont les pertes pour 2026 sont estimées à 475 millions de francs. Emmené par la Conseillère d’Etat PLR Nathalie Fontanet en charge des finances et des ressources humaines, le gouvernement cantonal avait activement défendu ces baisses d’impôts, dont un cadeau fiscal de 15% sur l’impôt sur la fortune. Mme Fontanet a fait campagne en plaidant que les finances cantonales permettaient ces baisses et qu’elles seraient sans impact sur les prestations. Elle défend aujourd’hui l’austérité en niant le lien entre baisses d’impôts et déficit budgétaires.

Le SSP a réalisé une vidéo cinglant avec humour les contradictions de la ligne de communication de la magistrate. Cette vidéo totalise plusieurs dizaines de milliers de vues. Mme Fontanet, au nom de la Délégation du Conseil d’Etat aux ressources humaines (Nathalie Fontanet, Carole-Anne Kast, Anne Hiltpold), s’en est offusquée et a exigé lors d’une séance de négociation que la représentante du SSP quitte immédiatement la salle. Cette réaction fut suivie d’un message officiel «qu’il ne sera plus donné suite aux demandes du SSP (demandes adressées à l’OPE) et que la présence de votre représentante ne sera plus admise aux séances avec la délégation du Conseil d’Etat aux ressources humaines.»

L’Assemblée des délégué-e-s de l’USS, réunie le 5 décembre :

  • soutient les salarié-e-s en lutte contre les mesures d’austérités, en particulier dans le canton de Vaud, à Genève et à Fribourg.
  • salue la formidable mobilisation, sous la forme de grèves massivement suivies, des salarié-e-s de la fonction publique et du parapublic vaudois.
  • condamne fermement le choix du Conseil d’Etat genevois d’exclure le SSP et l’enjoint à lever immédiatement cette mesure.

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05.12.2025 Résolution USS - Soutien aux mobilisations contre les politiques d’austérité et respect des droits syndicaux PDF (189,9 kB)