OUI, la «contribution de crise» est un SCANDALE!

de: Edito d'Agostino Soldini, secrétaire central SSP

L’éditorial publié aujourd’hui, mardi 9 décembre, dans Le Temps s’en prend frontalement aux salarié·e·s en lutte dans le canton de Vaud, à commencer par les enseignant·e·s.

Valdemar Verissimo

Selon son auteur, il n’y a pas de raison de parler de «scandale» à propos de la contribution de crise de 0,7%.Il ajoute que «dans le privé, beaucoup de travailleurs n’ont pas vu leur salaire augmenter depuis des lustres». Bref, «un brin de retenue serait bienvenu. Il y va de la neutralité et de la dignité de nos institutions.»

  1. L’éditorialiste passe sous silence une réalité irréfutable. A part l’équipe qui roule en Limousine Premium, aucun employeur n’envisage de prélever une «contribution de crise» sur les salaires. Ni dans le bâtiment. Ni dans les salons de coiffure. Ni à Obwald. Nulle part. Selon l’enquête annuelle d’UBS (388 entreprises), «tous les secteurs d’activité prévoient des augmentations de salaire pour l’année prochaine», en moyenne de 1%. Oui, la «contribution de crise» est un «scandale»!
  2. Autre fait incontestable: entre 2012 et 2022, le salaire médian dans la fonction publique vaudoise n’a progressé que de 1,6%. Autrement dit: il a reculé une fois l’inflation déduite. Dans le secteur privé, durant la même période, c’est +9%. Il n’y a pas photo. C’est Statistique Vaud, un service de l’Etat, qui l’affirme.
  3. Quant à la «dignité de nos institutions», parlons-en. Est-il digne d’annoncer la catastrophe budgétaire avec une dette à 0,7% du PIB? Est-il «digne» d’avoir sous-taxé illégalement Bernard Nicod et consorts pendant plus d’une décennie, puis de demander aux salarié·e·s de régler la facture? Est-il «digne» de remettre en cause la qualité des repas dans les EMS, de s’attaquer aux subsides pour les primes maladie et de réduire le financement pour les crèches?

La mobilisation des salarié·e·s est pleinement légitime. Il n’y a pas de crise budgétaire. Rien n’oblige le Conseil d’État à couper. Il pourrait puiser dans les réserves. Il devrait faire payer ceux qui ont profité de ses cadeaux fiscaux. Il choisit d’économiser sur les salaires et les prestations publiques. C’est le bien commun qui est attaqué. Le Grand Conseil doit refuser cette politique antisociale!