On a gagné sur les salaires, stop aux coupes dans les prestations!

de: Edito d'Agostino Soldini

Défaite majeure du Conseil d’Etat vaudois.

Valdemar Verissimo

Le retrait du décret instaurant une «contribution de crise» sur les salaires constitue une défaite majeure pour le Conseil d’Etat du canton de Vaud. Cette mesure était en effet le marqueur central de sa politique d’austérité. Or, après l’avoir défendue mordicus pendant des mois, il a dû plier. Résultat: il n’y aura pas de ponction sur les salaires en 2026. C’est une victoire extraordinaire pour le mouvement de lutte!

Le Conseil d’Etat prévoit certes de remplacer la «contribution de crise» par d’autres mesures inacceptables, mais, quoi qu’en dise Christelle Luisier, il n’y a pas photo. Le PLR le reconnaît lui-même: on remplace «une mesure explicite par une série d’annonces générales [qui] soulèvent de sérieuses questions quant à leur faisabilité et à leur impact réel.»

La grève paie!

La décision du Conseil d’État ne tombe pas du ciel. Elle n’est pas le fruit de la bienveillance de ministres hors sol, roulant en Limousine Premium. Elle a été arrachée à ce gouvernement sourd et méprisant par la formidable lutte des salarié·es du secteur public et du parapublic. Comme l’a écrit Le Temps, «leur mobilisation historique l’a emporté. Il faut leur tirer notre chapeau pour leur assiduité.» Ce n’est quand même pas tous les jours, en effet, qu’un employeur, en Suisse, est contraint de reculer! C’est bien la confirmation que la grève paie. Rien n’est plus efficace que l’auto-organisation et la mobilisation collectives.

Chapeau aux enseignant·es

Une catégorie mérite une mention particulière: les enseignant·es. Souvent vilipendé·es, iels ont été les moteurs de cette lutte. Beaucoup d’entre elleux subiront des retenues salariales supérieures aux effets qu’aurait eu la «contribution de crise». Iels ont pourtant multiplié les journées de grève. Parce qu’iels sont solidaires de leurs collègues. Parce qu’iels refusent la régression sociale. Parce qu’iels se battent pour le bien commun. Chapeau!

Poursuivre la lutte

La lutte n’est pas terminée. Le budget et les décrets restent antisociaux. Tout d’abord, rien de bon n’est prévu côté fiscal. Or, il y aurait beaucoup à faire. Par exemple: réclamer à Bernard Nicod et consorts le remboursement du cadeau illégal obtenu grâce à la fraude organisée autour du «bouclier fiscal». Par ailleurs, la seule avancée sociale proposée – la hausse de 40 francs par mois des allocations familiales – a été rejetée par le Grand Conseil. Enfin, à part sur les salaires, l’essentiel des mesures d’austérité a été, jusqu’ici, validé: nouvelles coupes au CHUV et dans les EMS; projets visant à améliorer les conditions de travail dans la santé et le social retardés; financement des crèches et subsides pour les primes maladie rabotés; enseignement et recherche dans les hautes écoles pénalisés.

A renvoyer aussi à l’expéditeur!

La poursuite de la mobilisation s’impose donc. Il n’y a pas de crise budgétaire. Rien n’oblige le Grand Conseil à avaliser ces mesures d’austérité. Il peut puiser dans les réserves et dans la fortune de l’Etat. Comme la «contribution de crise», les coupes dans les prestations doivent être renvoyées à l’expéditeur!