Le temps est venu pour renforcer les droits des parents salariés!

de: Communiqué SSP

A l'occasion du 14 juin, le SSP interpelle les employeurs publics et parapublics pour qu'ils respectent enfin les dispositions en vigueur pour les travailleuses enceintes et accouchées et pour qu'ils améliorent la situation des parents salariés.

Eric Roset

Le 1er juillet prochain, le congé maternité fédéral fêtera ses 20 ans. Un triste anniversaire puisque la droite prend prétexte de l’égalité pour attaquer le congé maternité et le réduire de 14 à 8 semaines et que l’Initiative pour le congé familial veut quant à elle supprimer le principe du congé maternité ancré dans la Constitution fédérale, là encore au prétexte de l’égalité. Pour le SSP, ces proposions ne vont pas dans le bon sens. Pour garantir l’égalité, il est nécessaire de développer les droits de tous les parents salariés, y compris des mères, et de reconnaitre toutes les formes de parentalité.

C’est pourquoi, à l’occasion du 14 juin, plusieurs régions du SSP adressent une lettre aux employeurs publics en les invitant à agir. Car aujourd’hui, nous constatons que les collectivités publiques ne peuvent plus du tout se targuer d’être un exemple. Certes, il existe des pratiques positives comme le congé de naissance dans l’Administration cantonale genevoise ou les congés d’adoption plus généreux que les 10 jours inscrits dans la Loi fédérale sur les allocations pour perte de gain (LPAG). Mais lorsque Bébé arrive, il est toujours très compliqué de jongler entre travail et famille.

Les revendications élaborées par la Commission féministe du SSP se basent sur les résultats de notre sondage (à consulter ICI) qui concerne le secteur public et parapublic.

Le tableau qui en ressort n’est pas brillant :

  • Près d’une travailleuse enceinte sur deux n’a reçu aucune information sur ses droits ;
  • 80% des travailleuses enceintes ont été arrêtées pendant la grossesse ;
  • Un tiers des mères a vécu une forme de discrimination et une sur cinq n’est pas revenue ou a quitté très vite son poste après son retour de congé maternité ;
  • Le droit à allaiter est mal appliqué : une mère sur quatre n’a pu disposer ni d’un local ni des pauses payées, pourtant prescrits dans la Loi sur le travail.

Tenant compte de la réalité de terrain, nous avons élaboré les revendications suivantes :

  • Application des droits et protections pour les travailleuses enceintes, accouchées et qui allaitent ;
  • Congé prénatal de quatre semaines ;
  • Congé parental de 10 semaines pour chaque parent à ajouter aux congés existants, soit au minimum 24 semaines pour les mères et 12 semaines pour l’autre parent ;
  • Congé de 36 semaines à répartir entre les parents pour les familles d’adoption, d’accueil ou pour toute autre forme de parentalité ;
  • Droit à réduire temporairement le taux d’activité, avec garantie de retrouver son taux précédent.

Nous espérons ainsi lancer une dynamique positive pour améliorer et non pas pour écourter les droits des parents comme essaie de le faire la droite.