Ensemble à l’offensive pour nos conditions de travail!

de: Commission migration du SSP

La commission fédérative de la migration demande l'extension des droits et de meilleures conditions de travail pour toutes et tous et refuse la division de la classe laborieuse prônée par l’initiative xénophobe de l’UDC «Pas de Suisse à 10 millions».

B. Ferizaj

Lors de notre dernière séance, nous avons discuté de la campagne que nous voulons mettre en place pour combattre l’initiative populiste de l'UDC, qui sera probablement votée au courant de l’année 2026. Cette initiative veut fixer un seuil maximum d’habitant·es au-delà duquel, aucune personne ne pourrait plus immigrer en Suisse. Ce seuil a été fixé arbitrairement à 10 millions d’habitant·es. Pour nous cette initiative vise surtout à détourner l’attention de la population et à faire des « étrangers » la cause de tous les problèmes, absolvant ainsi les véritables responsables qui sont les patrons des grandes assurances, des banques et des entreprises, les promoteurs immobiliers, ainsi que leurs actionnaires qui visent le profit maximum au détriment du bien-être de la population et du climat.

Les mensonges de l’UDC

La réalité de cette initiative est que le patronat veut disposer d’une main-d’œuvre bon marché, flexible et corvéable à merci et précaire. En effet, l’initiative exclut du calcul du nombre d’habitant·es les personnes disposant d’un permis de séjour jusqu'à 12 mois ! Ainsi la population continuerait probablement d'augmenter, mais avec des personnes qui ne pourraient pas faire valoir leurs droits en matière de séjour ou d'assurances sociales. C'est ça, le véritable programme politique et économique de l'UDC. Cette initiative nivellerait vers le bas les droits de tout le monde. Les travailleurs et les travailleuses immigré·es ne seraient que la première catégorique de personnes concernées. Car, augmenter la part de population active dépourvue de droits entraînerait une forte pression sur les conditions de travail et les salaires de tout le monde. Cette initiative remettrait en cause les accords bilatéraux avec l'UE, ce qui entrainerait une dérégulation accrue du marché du travail et le démantèlement des mécanismes de protection et de contrôle tels qu’ils existent actuellement.

La riposte syndicale

L’initiative xénophobe de l'UDC doit être stoppée ! Notre objectif est clairement de gagner la votation en opposant la solidarité à la division des salarié·es. La partie ne sera pas facile, nous le savons. Et c’est pourquoi l’engagement de toutes et tous est nécessaire. Mais cela ne suffit pas : notre syndicat doit aussi être capable de proposer des solutions aux problèmes des travailleuses et des travailleurs, qui sont nombreuses et nombreux à couler sous les factures qui augmentent, en particulier l’assurance maladie et le loyer, alors que les salaires n'augmentent pas, voir sont à la baisse, notamment à cause de politiques d’austérité. Le SSP s’engage contre l’initiative « Pas de Suisse à 10 millions », mais il poursuit aussi sa lutte contre les coupes budgétaires, contre les baisses de salaires et contre la baisse des prestations que ce soit dans la santé, dans le social, dans l’éducation et la formation de la jeunesse. Aujourd’hui, de nombreux secteurs publics – il suffit de penser aux personnels de santé – ne fonctionneraient tout simplement pas sans le travail de nos collègues issus de la migration.

C’est ensemble, suisses et immigré·es, que nous devons lutter pour nos conditions de travail et pour un service public de qualité !