C’est avec préoccupation et effroi que de nombreuses personnes suivent l’évolution de la situation actuelle aux USA, non seulement des syndicalistes, mais également tous ceux et toutes celles qui s’engagent pour la défense de la démocratie et des droits humains. Le SSP est lui aussi consterné par la vitesse avec laquelle le président Trump et sa camarilla démolissent les institutions de l’Etat de droit, méprisent les autorités, bafouent le principe de la séparation des pouvoirs et sapent la liberté de la science – tout cela motivé par une cupidité sans vergogne et une égomanie répugnante.
Le côté arbitraire et imprévisible de cette politique de la «nouvelle Amérique» menace actuellement de précipiter le monde entier dans le chaos. Elle accentue les conflits et déséquilibres qui existent aujourd’hui et prive de leur existence des millions de personnes au niveau mondial, par exemple en débranchant la coopération américaine au développement. Le retrait des Etats-Unis de certaines institutions internationales ainsi que leur nouvelle politique commerciale et douanière aggrave les crises à l’échelle mondiale au lieu de les désamorcer.
Parmi les premières victimes de cette politique du «Make America great again» figurent aussi les syndicats. Ce sont notamment les grands syndicats des services publics américains, tels que l’AFGE et l’AFCSME, qui sont confrontés à des défis sans précédent dans leur histoire. Les attaques contre ces organisations sont portées simultanément à de si nombreux niveaux et à une telle cadence qu’il est pratiquement impossible d’y réagir partout de manière adaptée: par exemple à l'intimidation permanente ou à la tentative effrontée de nier le droit à la négociation collective. Toujours est-il que les innombrables procédures judiciaires engagées par l'AFGE et ses alliés commencent enfin à porter des fruits, et certains décrets de Trump ont été bloqués, du moins provisoirement. Dans le même temps, les rangs se serrent et l'idée que les travailleurs·euses ont plus de points communs que de différences gagne du terrain. Nous sommes plus nombreux·euses et plus puissant·e·s qu'eux·elles.
Cette attaque contre les syndicats n’est pas le fruit du hasard. Ce sont bien les syndicats – contrairement à Trump et à ses milliardaires – qui se soucient du bien commun. Ce sont eux qui défendent les services publics en tant que prestations accessibles à tou·te·s les Américain·e·s. Ce sont eux qui reconnaissent que les USA sont depuis toujours un pays d’immigration et que c’est précisément cette situation qui fait émerger une grande force collective. En Europe, nous sommes aussi confronté·e·s à un basculement à droite que nous n’aurions jamais cru possible jusqu’à récemment. Des partis de la droite populiste, de la droite nationale et de ceux qui s’affichent ouvertement comme étant d’extrême droite exploitent et attisent les crises actuelles au lieu de contribuer à les résoudre. Dans bon nombre d’Etats, ces forces ont rejoint les gouvernements ou dirigent même ces derniers. Cependant, leur programme en matière de politique sociale est lamentable: il consiste à attiser la haine contre les immigré·e·s.L’Assemblée des délégué·e·s soutient la lutte historique des syndicats états-uniens contre la tentative de coup d'État des milliardaires. Nous savons que vous vous battez aussi pour nous et que si vous ne stoppez pas cette comédie, elle nous atteindra également. Nous savons que des questions élémentaires se posent ici et maintenant. Les richesses et les ressources de cette Terre n’appartiendraient-elles qu’à un petit nombre ou n’appartiendraient-elles pas à tou·te·s? Des entreprises géantes privées ayant développé leurs modèles commerciaux au détriment de tou·te·s devraient-elles assumer le pouvoir? Faudrait-il démanteler les instruments de régulation et d'équilibre international introduits depuis la Seconde Guerre mondiale et rétablir la loi du plus fort?
Le SSP se tient fermement aux côtés des syndicats américains.
Chères·Chers collègues, la caste des milliardaires doit être privée de son pouvoir, et l’Etat de droit, la démocratie et le partenariat social doivent être rétablis. En tant que syndicat de la Suisse, un pays dont les institutions démocratiques ont été formées selon le modèle des USA, nous vous soutenons dans votre lutte de toute notre force et vous témoignons de toute notre solidarité. Dans ce combat, nous nous appuyons sur la conviction qu'il n'existe guère de force plus puissante que celle des travailleurs·euses lorsqu'ils·elles sont uni·e·s.
