La participation au lieu de l'exclusion!

de: Michela Bovolenta, secrétaire centrale SSP

Syndicalistes et militant-e-s se sont mis-e-s en réseau pour défendre une réorientation de la politique migratoire.

Mattia Lento

Lors d’une conférence nationale qui s’est tenue le samedi 23 septembre dernier, 60 personnes de près de 20 organisations représentatives de la migration et des syndicats se sont réunies à Berne pour discuter de la politique migratoire, dans l’objectif ambitieux de vaincre la précarité et le racisme et de retrouver les valeurs fondamentales de l’accueil, de la solidarité, de l’échange. Le SSP y a participé avec une délégation, en majorité des collègues alémaniques, mais quelques personnes de Suisse romande ont aussi fait le déplacement.

Refuser l’exclusion

La conférence a été organisée en collaboration avec Solidarité sans frontières (Sosf), Unia et solinetze.ch. D’autres organisations travaillant dans le domaine de l'asile et de la migration étaient aussi présentes. La discussion a été préparée au préalable par des groupes de travail qui ont préparé un document et présenté quatre axes de réflexion. Premier axe: la liberté de mouvement plutôt que la construction des frontières , qui enferment, excluent et tuent chaque jour, notamment en Méditerranée. Deuxième axe: la dignité et les droits plutôt que l’illégalité, qui fait des personnes migrantes des hors-la-loi et des sans-droits. Troisième axe: la participation sociale et économique, plutôt que l’exclusion et le rejet qui condamnent les migrant-e-s à la pauvreté. Enfin, le quatrième axe a porté sur la participation politique et donc l’accès à la pleine citoyenneté qui garantit l’égalité des droits et le même statut à tout le monde, quelle que soit son origine.

Freiner les reculs

La journée a été intense avec un échange permanent entre les personnes présentes qui ont pu s’exprimer tant sur leur expérience que sur leurs revendications. Les participant-e-s ont déploré la pauvreté du discours des médias qui ne rend pas compte de la complexité et de la richesse des parcours migratoires. L’idée d’un travail accru envers les médias a été largement soutenue, tout comme l’importance de faire connaître les revendications concrètes basées sur les expériences et les luttes quotidiennes des personnes migrantes. Mais le point central de toute la discussion a été le sentiment qu’il est urgent de donner un coup d’arrêt aux restrictions, aux privations et aux détériorations qui s’enchaînent depuis des années et qui font du parcours migratoire un parcours du combattant. Ce n’est qu’ensemble qu’il est possible de stopper le démantèlement des droits fondamentaux à l’œuvre dans le domaine de migration.

Agir ensemble

A l’issue de la conférence, quatre revendications importantes ont été retenues: combattre la violence de l'État dans le cadre des déportations; mettre un terme à l'exploitation des travailleuses et travailleurs migrant-e-s et garantir des droits égaux pour tou-te-s; lutter contre la pauvreté et non pas contre les pauvres; garantir les mêmes droits à la participation politique pour les réfugié-e-s et les migrant-e-s! Sur ce dernier point, le SSP vous invite à signer, si vous ne l’avez pas déjà fait, l’initiative populaire pour la démocratie, qui vise à ce que l’ensemble de la population qui vit ici puisse avoir le droit de participer pleinement à la vie sociale et politique du pays.

Comme l’a expliqué Nina Vladović, présidente de la Commission fédérative de la migration du SSP, la Conférence nationale «La participation plutôt que l’exclusion!» est un début de (re)-mobilisation en faveur d'une meilleure participation de tou-te-s et pour exiger un changement de la politique migratoire de la Suisse, qui doit se fonder sur la solidarité.