Violence contre une, violence contre toutes

de: Michela Bovolenta, secrétaire centrale SSP

Le 25 novembre est une journée internationale contre toutes les formes de violences sexistes et sexuelles.

photo Eric Roset

Le SSP soutient et vous invite à participer aux actions qui ont lieu dans votre région.

Stop féminicide

En Suisse, toutes les deux semaines une femme meurt sous les coups de son mari, son partenaire, son ex, un autre homme de son entourage, parfois un inconnu ; chaque semaine une femme est victime d’une tentative de féminicide. Selon les statistiques officielles du Bureau fédéral de l’égalité , sur la période allant de 2009 à 2021, 686 femmes (62,2 %), 306 hommes (25,3 %) et 124 enfants (12,5 %) ont été victimes d’homicides ou de tentatives d’homicide. Les femmes sont largement surreprésentées. Cette violence extrême constitue la pointe de l’iceberg des violences de genre. Il ne s’agit pas de cas isolés, comme on tend à nous le faire croire notamment dans les médias, mais le résultat d'une violence structurelle qui trouve son ancrage dans le patriarcat en tant que système de contrôle des femmes, mais aussi des personnes trans et/ou non binaires. Ces dernières sont d’ailleurs invisibilisées car non existantes dans les statistiques officielles.

Seul un oui est un oui
Dans cette période de mobilisation contre les violences sexistes et sexuelles, Amnesty International vient de déposer la pétition « Seul un oui est oui », munie de 38'000 signatures individuelles et soutenue par 50 organisations, dont le SSP. Cette pétition appelle le Conseil national qui traitera de la réforme du droit pénal en matière sexuelle à adopter la solution « Seul un oui est un oui », qui fait de tout rapport sexuel sans consentement un viol, mettant ainsi enfin le droit suisse en adéquation avec un droit pénal moderne en matière sexuelle et une protection complète de l'autodétermination sexuelle.

Convention d’Istanbul
Le 15 novembre dernier, le Groupe d’experts du Conseil de l’Europe contre la violence à l’égard des femmes et la violence domestique (GREVIO) a publié le premier Rapport d’évaluation de la Convention d’Istanbul que la Suisse a ratifié en 2017. Le GREVIO salue quelques avancées, notamment la mise en place d’un plan national pour la mise en œuvre de la Convention d’Istanbul, qui a enfin été adopté en juin dernier, une amélioration de la loi fédérale de 2020 sur la protection des victimes de violence, ou le renforcement des mesures pour la prise en charge des victimes de violence domestique par certains cantons. Mais globalement, pour le GREVIO, la Suisse peut et doit mieux faire, car elle a du retard sur tous les plans : déjà, il nous manque une définition et une approche unifiée au plan national de la définition de la violence à l’égard des femmes et de la violence dite domestique, ensuite la statistique est lacunaire, le financement de la prévention est insuffisant, l’accès aux mesures d’accompagnement et d’hébergement est inégal selon les régions, la prise en compte de la violence de genre dans le domaine de l’asile est loin d’être satisfaisante.

Harcèlement sexuel : non c’est non
Le GREVIO souligne aussi que la Suisse a concentré ses efforts sur la lutte contre la violence « domestique » au détriment des autres formes de violences, dont le harcèlement sexuel sur le lieu de travail. Ce point, très important pour nous, n’est pas très développé dans ce premier Rapport, mais le GREVIO encourage la Suisse à s’impliquer davantage dans la lutte contre les violences sexistes et sexuelles et fondées sur le genre au travail, notamment par la sensibilisation et l’information, mais aussi par le renforcement de l’aide aux victimes. Pour le SSP, c’est une occasion pour inviter toutes les personnes victimes ou témoins de harcèlement sur leur lieu de travail à consulter le site Non c’est non.