Journée internationale des soins

de: Communiqué de presse du SSP secteur santé

Surcharge du personnel et dégradation de la qualité des soins.

Selon les autorités sanitaires, la pandémie est presque sous contrôle, en tout cas assez pour supprimer les mesures de protection. Pourtant, cette pandémie et ses conséquences ne sont pas sous contrôle dans les hôpitaux, EMS et soins à domicile. Jamais le personnel de santé n'a été aussi débordé. Dans les services, on manque de temps pour manger, on court d'un·e patient·e à l'autre, on craint d'oublier un médicament ou un contrôle, on dort (mal) et le lendemain, tout recommence... Les absences pour cause de maladie, le départ de collègues non remplacés et le manque persistant de personnel ont accentué la surcharge.

Le personnel se surpasse pour garantir la sécurité des soins, mais parfois ce n’est plus possible parce que la fatigue tant physique que psychique est trop forte.

Comme conséquence, des erreurs sont commises et la qualité des soins est menacée. Des patient·e·s malades ou accidenté·e·s passent plusieurs heures dans la douleur et l'incertitude dans les services d'urgence. Les traitements inadaptés et les soins insuffisants dans les EMS résultent souvent le résultat d'un manque de moyens et de personnel pour une prise en charge digne.

Celles et ceux qui pensaient que la victoire dans les urnes de l'initiative pour des soins forts pourrait rapidement améliorer la qualité des soins déchantent car, sur le terrain, la pression a encore augmenté et on est très loin d’une amélioration des conditions de travail.

Un exemple dans le canton de Genève : pour pallier le manque de personnel qualifié, les autorités ont modifié, en 2021, la loi sur la santé pour créer une nouvelle catégorie «les auxiliaires de soins». Dans la liste, on trouve diverses fonctions non soignantes. Ces dernières sont désormais autorisées à effectuer des actes réservés jusqu’à présent aux personnels soignants.

Notre syndicat dénonce une dégradation des soins rampante. La récente affaire de Clair-Bois, le foyer pour personnes en situation de handicap à Genève, en est une triste illustration: le manque de personnel et le manque de qualification ont provoqué des prises en charge inadaptées. Dans ce même canton, les ASSC – Assistant·e·s en soins et santé communautaires – qui doivent disposer d’un droit de pratique pour prodiguer des soins sont en lutte pour conserver ce droit de pratique. Une flexibilisation de la réglementation entraînerait une insécurité juridique, une perte d’autonomie et une baisse de l’attrait de cette profession indispensable. Alors que les ASSC à Genève attendent depuis des mois une réponse à leur demande de revalorisation salariale, la proposition des autorités d’abolir le droit de pratique devient suspecte.