Non à la suppression de l'impôt anticipé!

de: Natascha Wey, secrétaire générale adjointe du SSP

Signez et faites signer le référendum contre ce nouveau cadeau fiscal qui ne bénéficiera qu'aux grandes fortunes au détriment de la population et de nos services publics !

Conférence de presse unitaire pour le lancement du référendum

Pour les travailleuses et travailleurs, le signal est clair: les salarié-e-s ordinaires sont censé-e-s passer plusieurs fois à la caisse…

En tant que syndicats, nous sommes de plus en plus scandalisés par la mentalité de libre-service affichée sans‑gêne par la majorité bourgeoise du Parlement, qui ne trouve rien de mieux à faire que de multiplier les allègements fiscaux au profit des entreprises et des hauts revenus, alors que nous nous trouvons dans une crise sans précédent. Depuis des années, nous assistons à une redistribution des richesses des salarié-e-s vers les personnes nanties, financièrement aisées et vers les entrepreneurs/-euses, par le biais de baisses ou de suppressions d’impôts accordées à la place financière et à la classe supérieure.

Les travailleuses et travailleurs qui ont un travail salarié et qui versent sagement et de manière transparente leurs impôts subissent en revanche une pression de plus en plus forte. Les primes de caisses maladie et les loyers qui prennent l’ascenseur alourdissent le budget des ménages. Entre 2016 et 2022, les salaires réels n’ont augmenté que de 0.2 % par année et l’évolution des salaires est en retard sur celle de la situation économique. De nombreuses personnes n’arrivent plus à couvrir leurs besoins vitaux avec les rentes des caisses de pensions et les rentes AVS qui sont en baisse. Et durant la pandémie liée au Covid-19, la perte de pouvoir d’achat la plus forte est celle vécue par les travailleuses et travailleurs touchant des bas salaires ou des salaires moyens. Or ce sont précisément ces personnes qui ont travaillé en première ligne pendant la crise sanitaire, que ce soit dans la vente, les transports publics ou dans le secteur de la santé.

Au lieu de s’attaquer à ces problèmes, la majorité bourgeoise du Parlement continue d’accroître les disparités. On prévoit d’exonérer dorénavant les personnes nanties pouvant investir en obligations du paiement de l’impôt anticipé sur les revenus d’obligations. Cette mesure ouvrirait tout grand les portes à l’évasion fiscale. Celles et ceux qui disposent d’un petit pécule sur un compte épargne continueraient au contraire à être soumis-e-s à l’impôt anticipé. Le signal donné aux travailleuses et travailleurs est donc clair: on laisse tomber celles et ceux qui doivent continuent à gagner honnêtement leur argent et on se donne de la peine d’aider les personnes financièrement aisées et privilégiées.

Les travailleuses et travailleurs devront passer plusieurs fois à la caisse pour payer cette réforme: premièrement, ils et elles devront continuer à payer l’impôt anticipé sur l’argent placé sur leur compte épargne; deuxièmement, les pertes de recettes fiscales liées à la réforme vont priver les pouvoirs publics de moyens financiers pour assurer des tâches importantes. En tablant de manière optimiste sur des pertes de l’ordre de 172 millions de francs par année, le conseiller fédéral Ueli Maurer minimise les pertes de recettes fiscales entraînées par cette réforme. Ce n’est que dans le contexte exceptionnel de bas niveau des taux d'intérêts actuel que ces pertes fiscales seraient si basses. Or les taux d’intérêts vont recommencer à grimper. Il est probable que nous atteindrons un niveau de taux d’intérêts de 3% à 4% à moyen terme. Dans ce cas, les pertes fiscales s’élèveront subitement à 400-600 millions de francs et plus. Il est de toute façon difficile d'estimer le montant des dommages supplémentaires qui résulteront de l'utilisation des nouvelles possibilités d'évasion fiscale.

La suppression de l’impôt anticipé sur les revenus d’obligations priverait la caisse fédérale d’un volume important de recettes, alors que ces dernières sont nécessaires pour financer le développement des structures d’accueil pour enfants, les réductions de primes d’assurance maladie et les investissements dans les services publics. Et nous connaissons la suite des projets de baisses d’impôts: on minimise d’abord les pertes, puis on utilise ces mêmes baisses fiscales pour justifier chaque futur programme d’économies. Dans le pire des cas, ce cadeau fiscal aux riches entraînera donc des programmes d'austérité et de démantèlement par lesquels l'État réduira ses prestations.

Il faut empêcher une telle politique de redistribution effrénée du bas vers le haut. Au moyen du référendum, nous contribuons à défendre les intérêts des salarié‑e‑s ordinaires, qui travaillent dur et paient leurs impôts, et nous faisons en sorte que leurs intérêts soient pris en compte sur le plan politique.

Le respect vaut pour toutes et tous les citoyen-ne-s !

C'est pourquoi, disons un NON syndical retentissant à la suppression de l'impôt anticipé!


Signez et faites signer le référendum !