Pour le maintien d’un enseignement présentiel dans les Hautes Écoles

Le SSP – Hautes Écoles demande au Conseil fédéral de renoncer à un retour à l’enseignement à distance dans les universités et HES.

Photo Eric Roset

Les membres du Syndicat des services publics (SSP) salarié·es dans le domaine des Hautes Écoles ont pris connaissance des nouvelles mesures sanitaires mises en consultation par le Conseil fédéral le 10 décembre, en particulier celle concernant les universités et les HES: un retour prévu à l’enseignement à distance. Tout en étant conscient·e·s que des mesures sont nécessaires pour faire face à l’augmentation des contaminations, ils et elles s’opposent à une quasi-fermeture des Hautes Écoles.

Dans les Hautes Écoles, les recommandations des spécialistes ont été mises en place dès le début de l’année 2020, avec un résultat sanitaire satisfaisant (nous ne déplorons pas de cluster épidémique grave dans une Haute École suisse, à notre connaissance, effet du taux de vaccination élevé des étudiant·es et du personnel), mais des conséquences pédagogiques qui en revanche commencent à être inquiétantes. Les mesures prises par les hautes écoles ont été renforcées durant l’automne: les cours magistraux sont largement diffusés simultanément en présentiel et en ligne, à destination des étudiant·es en quarantaine ou ayant des symptômes, les masques sont obligatoires dans les espaces intérieurs, les espaces repas ont été aménagés pour le maintien de la distance, les évènements festifs sont supprimés.

Les étudiant·es terminant leur première formation universitaire (bachelor) cette année n’ont connu qu’un seul semestre normal d’enseignement depuis le début de leurs études (en automne 2019), et la perspective d’une nouvelle fermeture des campus pour la fin du semestre d’automne 2021 et/ou le semestre de printemps 2022 signifie que des milliers d’étudiant·es obtiendront un diplôme de bachelor en n’ayant fréquenté les établissements de formation que de loin en loin ces trois dernières années et dans des conditions d’études très dégradées.

L’enseignement à distance ne doit être qu’une solution d’urgence et de dernier recours. Les Hautes Écoles sont incapables d’assurer un enseignement de qualité dans ces conditions, et n’ont fait que parer au plus pressé depuis le mois de mars 2020, grâce à un immense engagement de leur personnel d’enseignement et des équipes techniques et administratives mais sans que le résultat ne soit satisfaisant au final, comme chacun·e l’admet aujourd’hui.

Au vu de ce qui précède, le SSP demande donc au Conseil fédéral:

  1. de renoncer à contraindre les Hautes Écoles à passer à un enseignement à distance, ni de manière immédiate ni à la rentrée de février 2022.
  2. de permettre l’organisation des sessions d’examens de janvier ou février en présentiel, dans le respect des règles sanitaires en vigueur.
  3. de renforcer les protocoles sanitaires pour la rentrée de février 2022 si les circonstances l’exigent à ce moment-là (contrôles renforcés dans les établissements, extension du certificat aux enseignant·es, etc.).
  4. de maintenir dans tous les cas de figure, y compris si la situation devait se détériorer encore davantage, la possibilité de délivrer les enseignements en petits effectifs (tels que séminaires ou travaux pratiques, indispensables en particulier dans les HES) en présentiel.