Personnels de santé pris au piège des vagues successives

de: Communiqué de la Commission santé du SSP

Les mesures pour endiguer la Xème vague restent insuffisantes pour contenir les hospitalisations. Le matériel, les respirateurs, les lits, les vaccins sont pourtant à disposition.

photo Eric Roset

24 mois après les premières alertes de l’OMS, les hôpitaux sont à nouveaux submergés en raison du manque de personnel. Comme dans un jeu de domino, les autres secteurs débordent à leur tour, comme les soins à domicile qui doivent compenser ce que l’hôpital public ne peut plus assumer.

Depuis trop longtemps, bien avant la pandémie, notre syndicat dénonce la politique sanitaire qui a conduit les structures sanitaires à rationnaliser à tous les niveaux. La rentabilité avant le service public : les personnels sont devenus des variables d’ajustement.

Qui en fait les frais aujourd’hui ?

  • Les patient-e-s, pas uniquement celles et ceux qui souffrent d’une forme grave de la COVID-19, d’autres ne peuvent pas être pris-e-s en charge car les opérations non urgentes sont repoussées. Une notion d’urgence inévitablement élastique.
  • Les personnels de santé qui s’épuisent sans avoir le temps de récupérer entre les vagues. Le manque de renforts dans les services débordés a généré une spirale infernale.

Cette situation conduit à des disputes d’ordre déontologique : faudra-t-il trier les patient-e-s ? Avec quels critères ? Mais on oublie que la surcharge actuelle constitue un risque pour tous les patient-e-s et que le tri est une réalité, puisque les opérations sont repoussées avec des conséquences qui peuvent être graves.

La commission santé du SSP alerte les autorités cantonales et fédérales : la sécurité des soins n’est plus garantie dans de nombreux services et pas uniquement dans les unités COVID, par manque de personnel. Nos revendications :

  1. Le respect strict des temps de repos, des durées maximales du travail et des congés hebdomadaires pour permettre aux personnels impactés de se reposer. Les vacances planifiées ne doivent en aucun cas être annulées cet hiver.
  2. Pour permettre un fonctionnement sécurisé, les autorités cantonales pourraient ordonner que le personnel qualifié des cliniques privées renforce les équipes des hôpitaux publics.
  3. Un changement radical du mode de financement des institutions de santé, car ce système force les institutions à jouer la concurrence au détriment du service public et de la qualité des soins. En attendant, et dans l’urgence, les institutions de santé doivent pouvoir avoir la garantie que leurs dépenses extraordinaires en lien avec la pandémie seront entièrement financées par les cantons et la Confédération.
  4. Des revalorisations salariales des personnels de santé : les professions du secteur sont clairement sous-payées parce qu’elles sont occupées en majorité par des femmes.