314 187 fois « Pas touche aux rentes des femmes ! »

Photo: © Yoshiko Kusano pour l'USS

de: Communiqué de l'Union Syndicale Suisse (USS)

Remise officielle de l'appel urgent au Conseil des États.

Juste avant son débat sur la réforme AVS 21, le Conseil des États s’est vu remettre aujourd’hui les signatures de 314 187 personnes qui disent NON à un projet qui se ferait – encore une fois – au détriment des femmes. La diminution prévue des retraites des femmes a suscité un véritable sursaut d’indignation dans la population : jamais autant de soutiens n’avaient été récoltés en ligne en aussi peu de temps en Suisse. Le message est sans équivoque : une révision de l’AVS qui ignore les problèmes réels des femmes n’a aucune chance de passer. Les rentes de retraite des femmes sont aujourd’hui encore d’un tiers plus basses que celles des hommes. Il est temps qu’elles augmentent. Pas qu’elles diminuent.

Les rentes AVS doivent couvrir le minimum vital : pour bon nombre de femmes, cette promesse ne tient toujours pas. Les inégalités en matière de retraites étaient d’ailleurs aussi au cœur de la Grève féministe de 2019. Mais au lieu de veiller à ce que l’objectif soit enfin atteint, le projet AVS 21 produirait l’effet inverse : il s’agit d’un démantèlement pur et simple sur le dos des femmes.

Or, la situation des femmes à la retraite est aujourd’hui extrêmement problématique.
Dans la lettre ouverte remise ce jour, les centaines de milliers de signataires demandent au Conseil des États de renoncer aux péjorations prévues dans AVS 21. Elles et ils exigent au contraire une amélioration des rentes du premier pilier pour qu’elles couvrent enfin le minimum vital. La révision de l’AVS doit donc adapter le montant des retraites à la hausse, et pas uniquement pour les couples mariés. Car la Constitution promet depuis 50 ans aux femmes une AVS qui couvre les besoins de base.

Lors de la remise des signatures au Conseil des États, Vania Alleva, présidente du syndicat Unia, a martelé : « Avoir travaillé toute sa vie doit donner droit à une rente qui permette de vivre. Ceci vaut aussi pour les femmes, mais ce n’est pas encore la réalité ». Pour la co-présidente du PS Mattea Meyer, « le risque de pauvreté frappe davantage les femmes âgées. Il faut donc que les rentes AVS augmentent, et non qu’elles diminuent ».

Michela Bovolenta, secrétaire centrale du SSP, résume la colère des femmes : « Le Parlement doit enfin nous écouter et assurer l’égalité à la retraite aussi, au lieu de réduire les prestations au détriment des femmes. Il faut une hausse des rentes des femmes, pas de l’âge de la retraite ! ». Lisa Mazzone, conseillère aux États verte, conclut : « Les revendications des femmes ont été largement ignorées jusqu’à maintenant au Parlement. Avec ce signal clair, cela doit changer ».

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