Une reprise des écoles sans garanties sanitaires?

Photo Eric Roset

de: Groupes "Enseignement" du SSP en Suisse romande

La réouverture des écoles obligatoires n’est pas envisageable sans des mesures de protection clairement définies, adaptées à la situation et scientifiquement confirmées.

Afin de «relancer l’économie», le Conseil fédéral a décidé, sous pression des milieu patronaux, la réouverture des écoles obligatoires le 11 mai.

Cette décision a suscité de nombreuses réactions, surtout dans les cantons les plus touchés par la pandémie. Selon un sondage en ligne du quotidien 24heures , une majorité de répondant-e-s estiment qu’une reprise le 11 mai est «une mauvaise idée», en raison principalement des difficultés à respecter les règles d’hygiène. Les enseignant-e-s du SSP en Suisse romande ont communiqué, comme d’autres organisations du secteur, qu’en l’absence de plan sanitaire clair, la réouverture des écoles ne devrait pas avoir lieu. Nous sommes certes impatient-e-s de retrouver un contact direct avec nos élèves et nous sommes convaincu-e-s que l’école est un service essentiel tandis que l’ «enseignement» à distance ne fait souvent qu’accroître les inégalités. Mais il est pour nous incontestable que la protection de la santé prime sur toute autre considération.

Nous avons constaté que la décision fédérale ne repose pas sur des données scientifiques suffisamment étayées et que les épidémiologues ont des avis divergents sur les risques de transmission par les enfants et les adolescent-e-s, sur les mesures de protection à prendre, etc. Lorsqu’il n’y a pas d’accord suffisamment large parmi les spécialistes, c’est le principe de précaution qui doit l’emporter.

Tous les regards sont maintenant tournés vers le 29 avril, date à laquelle le Conseil fédéral a prévu de communiquer de nouvelles décisions.

A cette occasion, les groupes Enseignement du Syndicat des services publics en Suisse romande demandent:

  • Les écoles, et plus largement tous les lieux accueillant des enfants, doivent avoir un plan sanitaire clair. Une reprise n’est pas envisageable sans des mesures de protection clairement définies, adaptées à la situation et scientifiquement confirmées.
  • Les salarié-e-s vulnérables (enseignant-e-s et autres employé-e-s travaillant dans les écoles) n’ont pas à se rendre au travail, comme l’a finalement admis le Conseil fédéral. Cela doit aussi être valable pour les salarié-e-s vivant avec une personne vulnérable. De même, les élèves vulnérables et les élèves vivant avec une personne vulnérable ne doivent pas être obligé-e-s de retourner en classe.
  • Toutes les personnes qui le souhaitent (professionnel-le-s de l’école et élèves) doivent pouvoir passer un test sérologique. Les frais doivent être pris en charge par l’employeur/par l’école.

Les solutions retenues ne devront pas entraîner une charge de travail excessive pour les enseignant-e-s (par exemple double charge de travail liée à l’enseignement présentiel et à distance en parallèle).

Nous rappelons pour conclure deux points importants:

  • Les semaines d’école jusqu’à la pause estivale doivent d’abord servir à renouer le lien pédagogique. Les exigences en termes de contenus enseignés ne pourront pas être les mêmes.
  • Il faudra des investissements massifs dès la rentrée d’août pour soutenir les élèves dont le confinement a aggravé les difficultés et éviter autant que possible un renforcement des inégalités sociales.
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