Non à «l’initiative de limitation» le 27 septembre!

Photo Eric Roset

de: Commission fédérative SSP de la migration

Avec la pandémie, nous avons toutes et tous pu constater à quel point nous dépendons les un-e-s des autres: sans le travail de nos collègues soignant-e-s issu-e-s de l’immigration, notre système de santé se serait effondré.

Alors que les chiffres du Covid-19 repartent à la hausse et que la Confédération s’apprête à mettre sur liste rouge la France, Genève tremble: le canton emploie près de 80'000 personnes qui passent chaque matin la frontière pour venir travailler: dans le secteur de la santé, 40% des emplois dépendent de cette main-d’œuvre frontalière, 36% dans les transports publics genevois.

La pandémie nous a aidé à ouvrir les yeux et à voir les limites de notre système. Qui en cas de fermetures des frontières, s’occupera des personnes âgées et des malades ? Qui fera les nettoyages, ramassera nos ordures, construira nos routes ? La liste des secteurs qui dépendent des salarié-e-s issu-e-s de l’immigration est longue. Souvent, ces collègues sont aussi celles et ceux qui travaillent dans les conditions les plus dures, avec des salaires plus bas, et qui sont plus souvent victimes de la précarité.

Pour l’UDC, l’immigration serait au contraire nocive à la Suisse et serait responsable des bas salaires et du chômage. Or, ce ne sont pas les immigré-e-s, mais les patrons qui fixent les salaires et qui licencient. Ce sont eux qui profitent de la pauvreté et du chômage dans certains pays, notamment du Sud de l’Europe, pour imposer aux immigré-e-s des salaires bas et des conditions de travail précaires. Pour lutter contre le dumping salarial et la précarité, il faut limiter le pouvoir patronal et renforcer les droits de l’ensemble des salarié-e-s quel que soit leur nationalité : pour un même travail, nous voulons les mêmes droits, le même statut et le même salaire.

Alors que la pandémie repart à la hausse et que la crise économique s’approfondit avec son lot de licenciements et de mesures d’austérité tant au niveau de l’emploi que des salaires, ce dont nous avons besoin n’est pas de nous diviser entre salarié-e-s selon que nous soyons né-e-es ici ou que nous venions d’ailleurs, mais c’est d’unir nos forces pour lutter ensemble pour protéger nos salaires et renforcer nos droits.

Ce que vise l’initiative de l’UDC c’est de limiter les droits des ressortissant-e-s de l’UE en les soumettant aux mêmes dispositions que les ressortissant-e-s des Etats tiers (Loi sur les étrangers et l’intégration LEI), puisque les règles propres régissant l’entrée en Suisse, le séjour, l’activité professionnelle, le regroupement familial et l’égalité des droits seraient supprimées (voir https://ssp-vpod.ch/campagnes/non-le-27-septembre-a-linitiative-de-resiliation/ ). Par son initiative l’UDC, qui prétend défendre les salaires, attaque aussi le dispositif consistant à limiter le dumping salarial, soit les mesures d’accompagnement. Or, bien qu’imparfait, ce dispositif devrait être renforcé et étendu et non pas annulé: nous avons besoin de plus de contrôles et d’un salaire minimum, nous voulons plus de droits pour toutes et tous.

Comme par le passé, l’UDC joue sur la peur de la population et divise pour mieux régner. Son but n’est pas de protéger les salaires des autochtones, mais de désigner un bouc émissaire; l’immigration serait responsable de tous les maux: dumping, chômage, coût des assurances sociales, criminalité, loyers élevés, trafic, pollution, etc. Ce discours populiste est inacceptable: le 27 septembre, disons ensemble NON à l’initiative de limitation!

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