En 2021, renforçons nos luttes syndicales !

photo Eric Roset

de: Cora Antonioli, vice-présidente du SSP

2020 aura été une année dont on se dira peut-être, au hasard de quelques vains souhaits, qu’on s’en serait volontiers passé.

Si elle aura bouleversé notre vie, elle aura aussi mis en évidence, plus que jamais, les terribles inégalités de notre société, notamment le désastre provoqué par des décennies d’austérité dans les services publics – quand on ne les a pas tout simplement privatisés. Une politique qui a fait le choix de favoriser les profits aux dépens des besoins essentiels de la population. Ainsi, en tout début d’année, et avant que le coronavirus ne fasse partie de nos vies, notre syndicat dénonçait les élucubrations du Blick qui titrait « Un hôpital sur dix doit fermer », expliquant que la Suisse comptait trop de lits d’hôpital. Un « constat » repris plus tard par la RTS.

Aujourd’hui, en pleine deuxième vague, de telles déclarations sont sans doute impossibles, mais nous n’en avons pas pour autant terminé avec la logique des profits.

De la première phase de crise et du semi-confinement sont certes apparues des raisons d’imaginer de nouvelles perspectives; marquant des distances avec les exigences du capital, l’Etat a repris le pouvoir pour affecter prioritairement les richesses aux besoins de la population. Ceci a mené à se questionner sur le sens des activités, sur le sens du travail, sur la manière dont il est valorisé (ou non). Car celui qui est indispensable à la survie de la population n’est pas celui que l’on avait placé sur un piédestal ces dernières décennies (le trader vs. l’ASSC, la communicante vs. le caissier). Cette première phase a aussi laissé entrevoir ce qui pourrait être une société consciente qu’elle ne tient et ne vaut que par la solidarité et le soutien aux plus fragiles. Cette force collective nécessaire, incarnée aussi par le service public comme pilier essentiel soutenant les besoins fondamentaux de l’ensemble de la population, a éclaté au grand jour. Cette reconnaissance symbolique du travail véritablement essentiel a trouvé son expression la plus évidente dans les applaudissements des soignant-e-s par la population aux balcons.

Si ces moments révèlent une prise de conscience et pourraient faire espérer des changements en profondeur, la réalité politique n’en prend cependant pas le chemin. Au contraire. Souvent, l’employeur public, comme unique acte de « reconnaissance », a distribué des gels ou des badges à son personnel soignant, tandis que certaines autorités politiques s’attaquent carrément aux salaires (Genève, Zurich). Rappeler qu’il faut investir massivement dans les services publics maintenant est donc plus que jamais nécessaire. Lutter collectivement contre la baisse de leurs salaires, comme l’ont fait, de manière exemplaire, nos collègues employé-e-s à l’Etat de Genève, en descendant dans la rue et en faisant la grève; se battre pour la reconnaissance et la valorisation de nos métiers, comme nos collègues des secteurs de la santé en octobre dernier. C’est cela, la tâche première de notre syndicat.

Renforcer les solidarités entre salarié-e-s sur notre lieu de travail, malgré les difficultés pour nous réunir, nous battre pour nos droits et la reconnaissance. C’est ce chemin que notre syndicat a souvent suivi cette année, malgré les embûches et la forte pénibilité due à la situation sanitaire, avec un certain succès. Notre syndicat se renforce dans de nombreuses régions. Il nous appartient de le rendre encore plus fort en 2021.

Bonnes fêtes à toutes et tous! Sans virus et avec la gnaque.

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