Dans la formation postobligatoire aussi, il faut faire baisser la pression!

Moins de pressions sur les apprenti-e-s. Photo: c_Alex_photocase.de

de: Communiqué SSP

La fermeture des écoles affecte tous les degrés du système de formation. Le contexte actuel dans lequel on ignore si cette mesure sera prolongée au-delà des dates initiales ajoute une difficulté supplémentaire.

Si plusieurs clarifications ont été apportées ces dernières semaines par les autorités concernant la scolarité obligatoire, le niveau postobligatoire a fait l’objet de moins d’attention.

Dans le domaine de la formation professionnelle, la Confédération a présenté aujourd’hui 9 avril les procédures de qualification retenues. Les décisions concernant les voies postobligatoires de formation générale sont quant à elles annoncées pour début mai.

Le Syndicat des services publics (SSP) a pris position sur ces différents domaines.

Formation professionnelle

La SSP a pris part via l’Union syndicale suisse à la consultation sur la procédure de qualification des apprenti-e-s. Plusieurs points nous semblent particulièrement importants:

  • La suppression des examens théoriques est une décision qui permet de relâcher la pression sur tout le monde (élèves, familles, enseignant-e-s). Les notes obtenues tout au long de la formation constituent une évaluation plus fiable qu'un seul examen.
  • Vu les circonstances, les « cas limites » doivent être traités avec plus de souplesse que d’habitude et une solution de remédiation, par exemple avec un examen de repêchage pendant l’automne et/ou un accès plus facile au redoublement doit être proposée.
  • Des apprenti-e-s vivent des situations conflictuelles sur leur lieu de travail. C’est pourquoi, lors de l’évaluation du travail pratique, les autorités doivent veiller dans tous les cas à ce qu'une personne extérieure à l'entreprise participe à cette démarche.
  • Il faut tenir compte de la situation très particulière des jeunes en formation qui ont été amené-e-s à faire face au Covid-19. Nous pensons surtout aux assistant-e-s en soins et santé communautaire (ASSC) en formation. D’autres professions peuvent être concernées, comme les assistant-e-s socio-éducatifs-ives (ASE) en formation travaillant dans les EMS, etc. Ces personnes risquent d’arriver à la fin du semestre en état d’épuisement (physique et/ou psychologique) et il serait hautement déplacé qu’elles en paient le prix avec un échec au travail pratique. Il s’agira de manifester la plus grande compréhension envers les personnes concernées.

Formations générales du secondaire II

Dans l’attente de la décision sur les certifications et notamment le maintien ou non des examens de maturité, le SSP demande:

  • Aucune note ne doit être attribuée pour les notions enseignées à distance, que ce soit pendant la période de fermeture des écoles comme lors d’une éventuelle réouverture.
  • Si des examens sont maintenus, ils ne doivent en aucun cas être basés sur les nouvelles connaissances ou compétences « enseignées » à distance.

Dans de nombreux cantons, les dispositions ci-dessus ont été entérinées s’agissant de la scolarité obligatoire, alors qu’un grand flou demeure au niveau postobligatoire.

De même, les constats mis en évidence dans les écoles obligatoires valent également au niveau postobligatoire et cela devrait être reconnu clairement par les autorités:

  • L’enseignement à distance provoque une exacerbation des inégalités sociales (matériel informatique manquant ou insuffisant, contexte familial défavorable, etc.); des mesures devront être prises pour y remédier autant que possible.
  • Il faut faire baisser la pression sur les élèves et les parents comme sur les enseignant-e-s; dans la phase actuelle, il s’agit pour les enseignant-e-s de privilégier un maintien du lien avec chaque élève.
  • Bon nombre d’enseignant-e-s doivent consacrer du temps à leurs enfants et à leurs proches ; on ne peut attendre d’elles et eux le volume habituel de travail.

Pour terminer, le SSP formule encre deux revendications :

  • Les outils informatiques mis à disposition des enseignant-e-s pour le télé-enseignement demeurent problématiques. Si l’on peut comprendre les difficultés initiales dues à l’urgence, il faut les résoudre rapidement. Il s’agit notamment d’accorder la plus grande attention à la protection des données et au droit à l’image. Dans tous les cas, le SSP veillera à ce que tout outil non sécurisé ne soit pas pérennisé, une fois la crise sanitaire passée.
  • Les droits syndicaux sont des droits fondamentaux et la crise sanitaire ne peut être un prétexte pour y déroger, ni dans le secteur de la formation ni ailleurs. Cela inclut: droit pour les syndicats de communiquer avec le personnel ; droit pour les salarié-e-s – y compris les apprenti-e-s – d’être soutenu-e-s et accompagné-e-s par leur syndicat ; droit de consultation et de négociation sur toute modification touchant les employé-e-s.
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