1er mai 2020 : Prix courage pour le personnel des EMS !

photo Valdemar Verissimo

de: Communiqué SSP

Parmi toutes celles et ceux qui ont travaillé sans relâche pour soigner et sauver des vies, le personnel des EMS, en très grande majorité des femmes, mérite un prix pour son courage. Depuis des semaines, elles luttent contre la pandémie avec des moyens dérisoires mettant en danger leur propre santé.

Depuis le début de la pandémie, le SSP a dénoncé la catastrophe en cours dans les EMS. Cela fait longtemps, que nous tirons la sonnette d’alarme sur la détérioration des conditions de travail dans l’ensemble du secteur de la santé. Mais cette dégradation d’un service public essentiel est devenue particulièrement dévastatrice durant la pandémie : le personnel a dû faire face à une pénurie de matériel aussi basique que des masques et des surblouses !

Comment un pays aussi riche que la Suisse en est arrivé là ? Comment se fait-il qu’au début 2020, des investisseurs ont revendu des masques, stockés en Suisse, au prix fort dans d’autres pays ? Pour cacher cette pénurie, l’OFSP a revu les normes de protection : au lieu de maximum 3 heures (norme d’avant COVID) le masque chirurgical pouvait être porté toute la journée !

Dans les EMS, la situation a été la pire : très affectés par le Covid-19, car accueillant des personnes âgées et vulnérables, les EMS se sont trouvés tout en bas de la chaîne d’approvisionnement. Les recommandations telles que se tenir à 2 mètres ou faire une toilette en moins de 15 minutes relèvent de l’illusion. Trop souvent, les mesures prises ont été insuffisantes, en particulier au cours des premières semaines. Ainsi, des résident-e-s ont été placé-e-s dans des EMS, sans confinement et sans mesures de précaution. En même temps, des employé-e-s ont circulé d’une chambre à l’autre sans changer de tenue et sans surblouse pour éviter la transmission virale. A ce jour, aucune politique systématique de dépistage n’existe – ni pour le personnel, ni pour les résident-e-s.

Dans les EMS, le personnel cumule les difficultés. Il s’agit en majorité de femmes, peu qualifiées, mal payées, souvent issues de la migration, peu protégées contre le licenciement.

Le SSP vient de dénoncer un licenciement abusif dans le canton de Fribourg. Leur travail est peu valorisé, les qualités requises sont considérées comme « naturellement » féminines et donc invisibilisées. Globalement et depuis longtemps, ce secteur est le parent pauvre du système de santé.

Dans la crise Covid-19, le personnel a fait preuve d’un immense courage. Mais cette situation ne peut continuer. Le SSP demande :

  • un accès facilité et gratuit aux tests de dépistage, ainsi que le maintien strict à domicile des personnes à risques et des femmes enceintes.
  • davantage de personnel pour assumer une charge de travail accrue : de nombreux résident-e-s sont isolé-e-s dans leur chambre ; les soins, l’alimentation, le nettoyage et les animations doivent être adaptés.
  • une réelle reconnaissance du travail effectué durant cette période de crise grâce à des primes de risque et de pénibilité pour le personnel en première ligne.
  • une hausse significative des salaires et une amélioration globale des conditions de travail et de formation.

Nous avons urgemment besoin d’un véritable plan d’investissement pour développer un service public de la santé et une réorganisation du système de prise en charge de nos ainé-e-s.

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