20’000 femmes en ont assez ! Vers une grève féministe et des femmes le 14 juin 2019

(photo Annette Boutellier)

Les femmes du SSP étaient très nombreuses à manifester à Berne aujourd’hui pour exiger, avec d’autres milliers de femmes et d’hommes solidaires, l’égalité salariale et pour mettre fin aux discriminations sexistes. En Suisse, l’insertion des femmes dans le marché de l’emploi se fait au rabais : discrimination salariale, dévalorisation des métiers « typiquement » féminins et temps partiels ont pour conséquence un gigantesque désavantage économique. Les syndicats en ont assez. Pour le SSP, cette grande manifestation est un pas vers la grève féministe du 14 juin 2019.

Si les métiers n’ont pas de sexe, le monde du travail reste très cloisonné. A l’exemple de l’accueil de l’enfance, où plus de 90% du personnel est féminin : les qualifications ne sont pas reconnues, les salaires sont bas et le secteur est soumis à de fortes pressions pour réduire les coûts. « Nous voulons que les métiers exercés majoritairement par les femmes soient valorisées et que les emplois soient décloisonnés! » dit la vice-présidente du SSP, Cora Antonioli.

Les femmes gagnent, en moyenne, près d’un cinquième de moins que les hommes. Cette différence est calculée pour un plein temps. Comme la majorité des femmes travaillent à temps partiel, la différence de salaire sur la fiche de paye est en moyenne de 32%. Il faut mettre fin à cette différence de salaires, d’autant plus qu’elle a des conséquences néfastes sur les retraites des femmes, qui sont de 37% inférieures à celles des hommes.

« Pour assurer aux femmes des rentes plus élevées leur permettant de vivre dignement, il faut augmenter les salaires, pas l’âge de la retraite et il faut enfin de vraies mesures pour garantir la compatibilité entre travail et famille », propose Michela Bovolenta, secrétaire centrale et responsable de la Commission des femmes du SSP. Cette proposition implique une réduction du temps de travail légal et davantage de congés pour les tâches d’assistance et de soins aux enfants et aux proches. Pour réaliser l’égalité, il faut renforcer les services publics et les orienter vers les besoins des êtres humains, notamment la prise en charge des enfants et des personnes âgées. « Car, lorsque l’Etat réduit les prestations par des politiques d’austérité, ce sont, le plus souvent, les femmes qui assument ces tâches, gratuitement », souligne Michela Bovolenta.

Aujourd’hui, les femmes ont dit qu’elles en avaient assez. « Cette fois, nous ne rangerons ni pancartes ni banderoles : nous sommes déterminées à continuer la mobilisation jusqu’à la grève », conclut Cora Antonioli.

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