Des propos erronés et malvenus !

Photo Eric Roset

Le Recteur de l'Université de Zurich a prétendu que les salaires des professeur·e·s des universités suisses n'étaient pas assez élevés.

Erroné, le constat dressé par Michael Hengartner dans un entretien accordé à la Schweiz am Sonntag paru le 17 octobre l'est à plusieurs titres. Il devrait d'abord savoir que les salaires des professeur·e·s des universités suisses sont les plus élevés du monde (voir NZZ am Sonntag, 20.05.2012). L'écart est substantiel, y compris lorsqu'on tient compte du coût de la vie en Suisse. Le nombre important d'enseignant·e·s et de chercheur·e·s ayant été formé·e·s dans des universités étrangères et qui travaillent dans des institutions d'enseignement supérieur en Suisse le démontre amplement.

Mais surtout, Michael Hengartner aurait pu et dû parler des vrais problèmes salariaux dans les universités, car ils sont nombreux. La Suisse se place aussi en tête de peloton dans un autre classement, celui des différences salariales au sein des universités. Entre le salaire d'un·e doctorant·e de première année payé par le Fonds national suisse de la recherche scientifique (FNS) et celui d'un·e professeur·e ordinaire dans l'une des deux Écoles polytechniques fédérales, on passe de 3920 frs (salaire brut mensuel) à 21'300 frs. Compte tenu du fait que ce dernier montant peut être augmenté de 25% pour des " professeur·e·s particulièrement compétent·e·s " et que les doctorant·e·s FNS n'ont pas de 13e salaire, on aboutit à un rapport de 7,3, ce qui est beaucoup trop élevé pour une institution publique.

De plus, les universités font un usage de plus en plus extensif de personnels précaires et peu payés comme les chargé·e·s de cours, rémunéré·e·s par semestre et selon des forfaits, sans cotisations à la LPP. Plus inquiétant encore, les boursières·ers FNS qui se rendent à l'étranger durant leur doctorat sont payés entre 40'000 et 50'000 frs par année (selon leur lieu d'étude), sans aucune cotisation sociale, ni pour leur retraite, ni pour le chômage.. S'il y a des urgences salariales à corriger dans les universités suisses, ce sont celles-là, et non les salaires déjà très élevés des professeur·e·s ordinaires.

Le Syndicat des services publics (SSP) demande que swissuniversities se démarque très clairement des propos inexacts et déplacés de Michael Hengartner, et souhaite que des discussions sérieuses puissent s'engager sur la question des salaires dans les universités suisses.

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