Congrès SSP 2019

Photo Alexander Egger

Le 48ème Congrès Fédératif du SSP a eu lieu les 8 et 9 novembre derniers.

Continuer sur l’élan du 14 juin
La gigantesque mobilisation féministe du 14 juin dernier a marqué le débat autour du rapport d’activités du SSP, le vendredi matin. Elle a aussi plané sur les discussions qui ont précédé l’adoption du texte d’orientation 1 – « Le SSP fort sur les lieux de travail – offensif dans les mobilisations ».

Du 14 juin au 8 mars
« Nous avons réussi à imposer la grève comme un moyen de lutte collective et légitime. Il s’agit de l’arme la plus efficace des travailleurs » ont souligné en introduction Maria Pedrosa et Catherine Friedli, secrétaires SSP au sein des régions Vaud et Fribourg. Plusieurs militant-e-s ont souligné les luttes et grèves victorieuses menées dans certains cantons – Genève, Fribourg et Vaud notamment. Autant d’exemples qui démontrent la possibilité de construire un syndicat combatif, ancré sur les lieux de travail. En contrepoint, certaines interventions ont rappelé les difficultés, dans de nombreuses régions, à affronter les attaques contre le service public – et à organiser, dans cet objectif, de réels arrêts de travail. L’assemblée a décidé de poursuivre sur l’élan du 14 juin et adopté la résolution de la Commission fédérative des femmes, qui appelle à une nouvelle mobilisation féministe le 8 mars 2020.

Droits syndicaux
Ces discussions ont aussi été l’occasion de souligner l’importance de la défense du droit de grève. Indispensable aux luttes syndicales, ce dernier subit de constantes attaques en Suisse, malgré sa protection obligatoire stipulée dans la Convention 87 de l’Organisation internationale du travail. Le SSP a d’ailleurs fait recours à la Cour européenne des droits de l’homme à Strasbourg, à la suite du licenciement des grévistes à l’Hôpital de la Providence, à Neuchâtel. Une bataille qui continue.

Le poids du stress
Vendredi après-midi, l’accent s’est déplacé sur la profonde dégradation des conditions de travail à l’œuvre dans les services publics. Les interventions sur la question ont été renforcées par les résultats du sondage réalisé par le SSP auprès de ses membres, dont le verdict est clair: « Une majorité des personnes sondées sont trop épuisées après une journée de travail normale pour exercer une quelconque activité » . Parmi les causes du phénomène, les logiques d’externalisation figurent au premier plan. La lutte contre la sous-traitance – ou pour la ré-internalisation de secteurs déjà sous-traités – sera donc un objectif prioritaire des prochaines années, comme le souligne le deuxième texte d’orientation voté par les congressistes.

Objectif 15 mai 2020
« Avec la grève des femmes, la lutte des jeunes pour le climat a contribué de manière décisive à changer le climat politique dans le pays » avait souligné la présidente du SSP, Katharina Prelicz-Huber, dans son message d’ouverture du Congrès. Pierre-Yves Maillard, président de l’Union syndicale suisse, a ensuite souligné le rôle stratégique du développement des services publics pour répondre au défi climatique.

Faisant écho à ces propos, trois jeunes militant-e-s du mouvement grève pour le climat sont monté-e-s à la tribune le jour suivant. Objectif: solliciter l’appui du SSP à la grève nationale pour le climat qu’ils préparent, le 15 mai prochain. « La crise climatique se combine avec une crise sociale et menace des centaines de millions de personnes. Ensemble avec les syndicats, nous pouvons imposer les changements nécessaires pour sauver le monde et le libérer de l’exploitation » ont-ils rappelé, salués par une standing ovation. Dans la foulée, le Congrès a largement accepté une résolution dans laquelle le SSP appelle ses membres – et les fédérations de l’USS – à une journée d’actions et de grève pour la justice climatique et sociale, le 15 mai 2020.

NON à AVS 21
Dès 2020, l’avenir des retraites sera de nouveau au cœur des débats politiques et syndicaux. Déposées par les régions Genève et Vaud, deux résolutions appelaient à rejeter le projet AVS 21 et à lancer le référendum contre toute réforme incluant une élévation de l’âge de la retraite. « Les mesures de compensation auront pour unique fonction de nous faire avaler une telle hausse » a rappelé Hélène Pauchon, militante vaudoise. Les deux résolutions ont été acceptées à une large majorité.

Internationalisme
Peu avant sa clôture, le Congrès a pris une teinte internationaliste en condamnant la dérive autoritaire, antisyndicale et guerrière du gouvernement turc de Recep Tardyyp Erdogan. Le texte, adopté à la suite d’une intervention déterminée de Lami Özgen, président du syndicat des services publics en Turquie et réfugié politique en Suisse, demande notamment au gouvernement helvétique de suspendre l’accord de libre-échange avec la Turquie.

Le Congrès a aussi réélu pour quatre années de plus, à l’unanimité, Katharina Prelicz-Huber au poste de présidente du SSP et Stefan Giger à celui de secrétaire général.

Le SSP refuse l’accord-cadre
Discutées le samedi 9 au matin, les « thèses sur l’Europe » proposées aux congressistes ont fait l’objet d’un débat animé.

En introduction, Stefan Giger, secrétaire général du SSP, a rappelé l’importance des accords bilatéraux et le danger que représente l’initiative dite « de limitation » lancée par l’UDC. « La Suisse appartient à l’Europe, a plaidé Stefan Giger. Pour réguler cette relation, la définition d’un accord cadre est donc nécessaire. Cet accord doit être différent de celui proposé jusqu’à présent, qui affaiblit les mesures d’accompagnement ».

Ce sont les thèses appelant au « développement de la voie bilatérale » et concluant à la « nécessité » d’un accord cadre qui ont concentré les critiques. « Le dumping salarial et le démantèlement du service public sont au cœur du projet européen » a dénoncé Graziano Pestoni, militant de la région Tessin. « On ne peut pas donner de chèque en blanc à un accord-cadre s’il n’y a pas de mesures sérieuses de contrôle des salaires » a ajouté Julien Eggenberger, président du SSP – Région Vaud. Sa proposition de supprimer les passages incriminés a été suivie par une majorité des délégué-e-s. Lors du vote final, c’est l’ensemble du texte qui a été renvoyé à l’expéditeur.

Afin de clarifier sa position, les participant-e-s au congrès ont ensuite décidé de diffuser un communiqué de presse. Le SSP y rappelle qu’il refuse l’initiative de résiliation de l’UDC, appuie la voie bilatérale, rejette l’actuel accord-cadre et refuse tout compromis en matière de protection des salaires, ainsi que toute attaque contre les services publics.

Les textes définitfs seront publiés prochainement.

Pour un syndicat offensif et combatif!

Galerie: 48ème Congrès du SSP

Photographies d'Eric Roset

Grève climatique du 15 mai 2020

Le Congrès a adopté la résolution qui vise un engagement du SSP dans la grève climatique du 15 mai 2020!

Downloads
14.11.2019 Résolution pour la grève climatique du 15 mai 2020 PDF (112 kB)

Documents en vue du Congrès

Downloads
14.09.2019 Congrès 2019 - Cahier de propositions PDF (758 kB)
Downloads
14.09.2019 Congrès 2019 - Texte d'orientation n°1: "Le SSP: fort sur les lieux de travail – offensif dans les mobilisations" PDF (168 kB)
Downloads
24.09.2019 Congrès 2019 - Texte d'orientation n°2: "Laissez-nous faire notre travail" PDF (389 kB)
Downloads
24.09.2019 Congrès 2019 - Thèses sur l'Europe PDF (135 kB)
Downloads
22.09.2019 Congrès 2019 - Rapport d'activité 2015-2018 PDF (1,491 kB)
Downloads
24.09.2019 Congrès 2019 - Décisions du Congrès 2015 PDF (1,029 kB)

"La clé, c'est le collectif"

Les 8 et 9 novembre, le SSP tiendra son 48e Congrès à Saint-Gall. Privatisations, lutte des femmes, retraites et grève climatique: des enjeux cruciaux sont au menu. Questions à Katharina Prelicz-Huber, présidente du SSP.
> Lire l'article

©FLAG


Événements sur ce thème

Congrès du SSP

Le 48e Congrès fédératif du SSP aura lieu les 8 et 9 novembre à Saint-Gall.

Adresse: Centre de Congrès OLMA, Saint-Gall