Non au marchandage de nos retraites!

(photo Valdemar Verissimo)

La révision Prévoyance vieillesse 2020 a été rejetée dans les urnes il y a à peine quelques mois… mais refait déjà surface dans la Berne fédérale. Les lignes directrices présentées en matière de retraite se résument en peu de mots: hausse de l’âge de la retraite des femmes de 64 à 65 ans.

Pour faire passer la pilule, les propositions de soi-disant compensations se multiplient. A l'exemple de la sénatrice libérale Keller-Sutter qui propose un deal dans l’air du temps: en échange de l’abandon des contrôles des salaires, les femmes qui partiraient à 65 ans recevraient un bonus en guise de compensation de la discrimination salariale subie pendant toute leur vie active ! On dirait une blague, si ce n’était pas politiquement dangereux ! Pour nous, il est temps de mettre un terme à ces marchandages : l’égalité salariale est un droit pas un cadeau qu’on ferait aux femmes ! Et la hausse de l’âge de la retraite nous en avons pas voulu et nous n’en voulons pas. C’est un affront pour les femmes qui ont trimé toute leur vie pour une rente de misère. Et pour celles qui, à 50 ans ou plus, ne retrouvent plus d’emploi.

Cette triste réalité vient d’être soulevée par une étude de la Conférence suisse des institution sociales: le nombre de bénéficiaires de l’aide sociale âgés de plus de 55 ans a bondi de 50% entre 2010 et 2016. Or, d’après le coprésident de la CSIAS, Felix Wolffers, la plupart des personnes en fin de droit ne finissent jamais à l'aide sociale et comblent la période qui les sépare de la retraite à l'aide de leurs ressources privées [1].

Que la droite et le patronat se fiche de la réalité vécue par les personnes au chômage de plus de 50 ans ainsi que de la pauvreté qui frappe un nombre croissant de retraité-e-s, ce n’est pas étonnant. Par contre, on peut s’étonner qu’un conseiller fédéral socialiste n’en fasse pas plus de cas.

Et cela d’autant plus que, malgré toutes les annonces catastrophistes entendues au cours de la campagne contre PV 2020, le financement des caisses de pensions a retrouvé des sommets en 2017, alors que la fortune du fond AVS/AI/APG a augmenté de 2 milliards la même année. Affaire à suivre, car les femmes ne se laisseront pas faire !


[1] Conférence CSIAS, 21 février 2018