NON à l'initiative de résiliation le 27 septembre!

Les organisations syndicales appellent à refuser l’initiative de l'UDC – un texte xénophobe qui menace la protection des salarié-e-s.

En Suisse, les migrant-e-s ne sont souvent pas au courant de leurs droits et vivent dans la précarité. L’UDC veut encore aggraver cette situation. Depuis de nombreuses années, ce parti lance des initiatives pour démanteler encore plus les droits des migrant-e-s. L’UDC a bâti son identité sur la division entre autochtones et migrant-e-s et fait appel au nationalisme contre l’Union Européenne.

Le 27 septembre 2020, nous voterons sur l’initiative dite de limitation dont l’objectif est d'assurer la mise en œuvre du texte contre l'immigration de masse accepté en 2014 par le peuple. Cette initiative s'inscrit dans une politique populiste de droite qui joue les « nôtres » contre les « étrangers ». Or dans nos vies, les « autres » deviennent nos voisin-e-s, nos ami-e-s, nos parents. Mais l’UDC ne recule devant aucun argument, non seulement xénophobe et raciste, mais souvent insensé et met en cause les bases élémentaires de la cohabitation, bâtissant des règles qui discriminent et à excluent.

Pour le SSP, cette initiative est inacceptable : au lieu de protéger nos frontières, il faut protéger nos salaires et nos conditions de travail, au lieu de tolérer le dumping des salaires quand il touche des immigré-e-s, il faut exiger des hausses de salaires pour tout le monde, au lieu de précariser les conditions de séjour et de travail de nos collègues immigré-e-s, il faut se battre ensemble pour obtenir les mêmes droits pour toutes et tous.

Argumentaire

Arguments contre l'initiative de limitation de l'UDC

  • L'initiative de limitation de l'UDC est une initiative qui vise à supprimer des droits. Elle prévoit de mettre en œuvre le texte de l’initiative contre l'immigration de masse accepté en 2014 par le peuple, ce qui revient à abolir la libre circulation des personnes entre la Suisse et l'Union européenne.
  • La fin de la libre circulation des personnes aurait un impact sur l’ensemble des salarié-e-s, quel que soit leur passeport, notamment en ce qui concerne la protection des salaires. En effet, les contrôles des salaires qui ont été mis en place seraient supprimés, ce qui équivaudrait à un recul. Ce dont nous avons besoin, c’est un renforcement des contrôles, pas leur suppression.
  • Si l'initiative était adoptée, les ressortissant-e-s de l’UE auraient le même statut précaire que celui que la Loi sur les étrangers réserve aujourd’hui aux ressortissant-e-s des dits pays tiers.Cette évolution irait renforcer un système déjà inégal, dans lequel les travailleuses et travailleurs étrangers/-ères ont moins de droits et sont davantage exploité-e-s. Cela renforcerait encore la marge de manœuvre des employeurs en créant un véritable droit au dumping salarial, accroissant encore la pression sur l’ensemble des salarié-e-s.Et c'est en réalité, le véritable objectif de l'initiative de l'UDC : disposer de davantage de main-d’œuvre immigrée sans droits, bon marché, taillable et corvéable à merci. N’oublions pas que les Accords bilatéraux ont permis la suppression du statut de saisonnier. Ce dont nous avons besoin c’est de renforcer les droits de toutes et tous, pas de les démanteler.
  • L'initiative remettrait en cause le droit de séjour des migrant-e-s de l'Union européenne.En cas de oui, la politique migratoire de la Suisse deviendrait ainsi encore plus répressive. Concrètement, cela signifierait qu'un certain nombre de réglementations progressistes de l'accord sur la libre circulation des personnes avec l'UE seraient suspendues au profit des dispositions plus restrictives prévues par la Loi sur les étrangers (LEtr) :
    Entrée, séjour, activité professionnelle : les ressortissant-e-s de l’UE sont soumis à des règles propres en matière de droits d'entrée, de séjour, d'accès à une activité professionnelle, et d’établissement. La LEtr réglementerait l’immigration depuis l’UE avec des contingents comme c’est le cas actuellement pour l’immigration des pays tiers.
    Droit de séjour : les Accords bilatéraux permettent aux personnes retraitées, invalides et veuves de rester en Suisse : ce droit ne serait plus garanti si l'accord était résilié.
    Regroupement familial : les Accords bilatéraux garantissent le droit au regroupement familial pour les familles nombreuses sans limite de temps. La LEtr en revanche, limite l'autonomie du mode de vie des migrant-e-s en fixant des délais pour le dépôt des demandes, en formulant des exigences qui affectent leur vie privée, etc.
    Droit à l'égalité de traitement : Les Accords bilatéraux affirment l'égalité de traitement entre les ressortissant-e-s UE et les autochtones en ce qui concerne l'accès à une activité rémunérée et son exercice, mais aussi l'égalité des conditions de vie, d'emploi et de travail. Rien de tel n’est garanti par la LEtr.
  • En demandant de mettre fin à la libre circulation des personnes, l'initiative remet en question l'ensemble des relations entre la Suisse et l'Union européenne. La clause dite de la "guillotine" ferait tomber aussi les « Bilatérales 1 », qui donne accès à la Suisse au marché intérieur de l'UE. Les conséquences se feraient sentir sur tout le monde.
  • L'Initiative de limitation s'inscrit dans une politique populiste de droite qui joue "les nôtres" contre "les étrangers". Elle ne recule devant aucun argument xénophobe et raciste. Elle vise à discriminer et à exclure les migrant-e-s. Au lieu de développer l’économie sur la base de droits sociaux et politiques garantis à tout-te-s, l’initiative prive les salarié-e-s issu-e-s de l’UE de leurs droits et les jettent en pâture aux employeurs qui pourront mieux les exploiter.

Ensemble, disons NON à l’initiative de limitation de l’UDC !
Commission Migration SSP


Site de campagne

Le site mis en place par les syndicats suisses:
►salaires-emplois.ch

Informations et arguments contre l'initiative de résiliation

Flyer à télécharger

Downloads
08.07.2020 Flyer NON à l'initiative de résiliation, 27 septembre 2020 PDF (1,957 kB)