NON à l'initiative de résiliation le 27 septembre!

photo Eric Roset

Le 27 septembre 2020, nous dirons Non à l’initiative nationaliste et xénophobe de l’UDC. Tout en exigeant une réelle libre-circulation, adossée à de solides droits sociaux et syndicaux.

Solidaires contre l’initiative de limitation !

L’initiative « pour une immigration modérée » s’inscrit dans l’idéologie nationaliste et xénophobe de l’UDC. Depuis des années, ce parti surfe sur la vague anti-étrangers. Non sans succès. Le 9 février 2014, son initiative contre l’immigration de masse, qui visait déjà la fin des accords bilatéraux avec l’Union européenne (UE), était acceptée à une petite majorité. Et pourtant. Comme aujourd’hui, l’initiative avait uni contre elle droite et gauche, syndicats et patronat, affirmant en chœur que tout allait bien. Or tout n’allait pas bien. Et le Oui d’une partie des votant-e-s – en particulier celles et ceux dont le salaire était inférieur à 5000 francs par mois – a exprimé le refus du dumping salarial et de la pression sur les conditions de travail, ainsi que la peur du chômage.

Sous pression
Ces craintes ne sont pas sans fondement. Depuis les années 1990, le monde du travail est soumis au diktat néolibéral. Malgré la résistance syndicale, les salaires ont été mis sous pression, les rythmes de travail se sont accélérés, les attaques contre les conditions de travail et de retraite se sont succédé – alternant avec les mesures d’austérité et les licenciements. Les salarié-e-s souffrent: le burnout est devenu la maladie du XXIe siècle, avant que le coronavirus ne lui ravisse la palme et lui donne peut-être un bref coup d’arrêt – un des rares bénéfices ressentis par certaines et certains durant le confinement a été le ralentissement de la course effrénée à laquelle est soumise la majorité de la population salariée.

Boucs émissaires
Face à ce malaise, l’UDC utilise la recette du bouc émissaire. Selon le parti populiste, les salarié-e-s originaires de l’UE venant en Suisse via l’accord bilatéral sur la libre-circulation seraient responsables de tous les maux: « stagnation des salaires, chômage des travailleurs âgés, augmentation de la proportion de bénéficiaires de l'aide sociale; augmentation de la criminalité étrangère; augmentation des loyers et du prix des terrains, bétonnage de précieuses terres cultivables; augmentation des besoins d'eau et d'énergie; routes congestionnées et trains bondés, trains en retards ou supprimés; classes d'école comptant un nombre disproportionné d'enfants de langue étrangère et sans connaissance d'une langue nationale; changement culturel dans nos villages, nos villes, nos écoles et dans nos activités de loisirs; supérieurs hiérarchiques, responsables du personnel et fonctionnaires étrangers; augmentation des coûts de la santé et des primes d'assurance maladie (1)». Tout y passe!

Vrais problèmes, faux ennemis
Ce raisonnement frise l’absurde. Il fait pourtant des adeptes, et il serait faux de croire à une victoire facile du Oui le 27 septembre. Il faut donc combattre activement l’initiative UDC, en montrant que les vrais responsables sont ailleurs: ce sont les patrons et les agents immobiliers, les actionnaires, les grandes entreprises et les caisses maladie qui vident les caisses publiques et privent nos écoles, nos hôpitaux et nos services publics des moyens nécessaires à satisfaire les besoins de la population.

Contrairement à ce que prétend l’UDC, la Suisse est un pays d’immigration depuis les années 1960. Aujourd’hui, près d’un-e salarié-e sur trois est issu-e de la migration. Notre société, notre économie et nos infrastructures ont été construits avec et par nos collègues immigré-e-s. L’immigration est pour nous une richesse, non une calamité. Sur le plan économique, mais surtout sur le plan culturel et des relations humaines.

Pas le même non
Notre opposition à l’initiative de limitation ne peut se faire sur le même terrain que les milieux économiques. Ces derniers défendent une « libre circulation » leur permettant d’organiser la concurrence entre salarié-e-s et de pratiquer la sous-enchère salariale, malgré les mesures d’accompagnement. Ce combat n’est pas le nôtre.

Ce que nous devons défendre, c’est une vraie libre circulation des personnes – qui s’applique tant aux ressortissant-e-s de l’UE qu’à celles et ceux des pays tiers, aujourd’hui soumis-e-s à une réglementation excluante. Cela doit aller de pair avec des mesures protégeant les droits et les salaires de l’ensemble des travailleurs-euses.

Nous devons aussi exiger la régularisation de tous les sans-papiers, le rejet des accords de Schengen et Dublin et revendiquer l’égalité de traitement entre toutes et tous, quel que soit la nationalité, le sexe, la couleur de peau. Pour un même travail, nous voulons le même salaire et les mêmes droits !

Solidarité sans limites
L’initiative de l’UDC vise à diviser les salarié-e-s. Nous voulons une solidarité sans limites, sans frontières. Dans une économie mondialisée en crise, et face au défi du réchauffement climatique, ce n’est qu’ensemble que nous pourrons défendre nos droits.

Tout repli nationaliste et identitaire fera le jeu des puissants. Les jeunes pour le climat nous ont montré la voie avec leurs mobilisations internationales, tout comme le mouvement Black lives matter et sa magnifique mobilisation contre le racisme.

Qui profite de qui?
Le Covid-19 a montré que d’innombrables secteurs ont besoin des migrant-e-s pour fonctionner.

Qui a assuré les soins durant la pandémie? Qui a travaillé dans les EMS, souvent au péril de sa propre santé, pour s’occuper de nos personnes âgées ? Qui a ramassé nos ordures, nettoyé et désinfecté nos bus, trains et bureaux ? Qui était derrière les caisses des supermarchés, dans les usines alimentaires et les champs ? Ce ne sont pas les étrangers-ères qui profitent de la Suisse, mais bien l’économie suisse qui profite des migrant-e-s.

Prenons le cas de la santé. La Suisse ne forme que 43% du personnel infirmier dont elle a besoin (2). Elle puise largement dans le personnel immigré, dont les coûts de formation ont été assumé par d’autres pays. Selon le pays de provenance, la non-reconnaissance des diplômes permet même de profiter de compétences professionnelles sans les payer correctement.

L’élargissement du bassin de recrutement permet aussi aux employeurs de pallier facilement le tournus des salarié-e-s: un tiers du personnel soignant âgé de moins de 35 ans – 55% des plus de 50 ans ! – quitte la profession (3). Parmi les raisons qui poussent ces soignant-e-s, en majorité des femmes, à partir, il y a le fait de fonder une famille; puis, pour les plus âgé-e-s, la pénibilité du travail.

Au lieu de favoriser la conciliation entre travail et famille et réduire la pénibilité, les employeurs épuisent les salarié-e-s avant de les jeter et de puiser dans le personnel formé à l‘étranger, économisant ainsi efforts et argent.

Michela Bovolenta, secrétaire centrale

(1) Argumentaire pour l’initiative de limitation. Juillet 2020
(2) Le Temps, 21 avril 2020.
(3) OBSAN, Bulletin, 7/2016.

Notre argumentaire

Le SSP appelle à voter NON le 27 septembre à l'initiative de l'UDC.

→ Nos arguments

Résolution de la Comission Migration du SSP

La pandémie nous a aidé à ouvrir les yeux et à voir les limites de notre système. Qui en cas de fermetures des frontières, s’occupera des personnes âgées et des malades ? Qui fera les nettoyages, ramassera nos ordures, construira nos routes ? La liste des secteurs qui dépendent des salarié-e-s issu-e-s de l’immigration est longue. Souvent, ces collègues sont aussi celles et ceux qui travaillent dans les conditions les plus dures, avec des salaires plus bas, et qui sont plus souvent victimes de la précarité.
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Nous ne voulons pas du discours populiste et haineux de l'UDC, NON le 27 septembre!

Exigeons des droits syndicaux dignes de ce nom !

Selon Christian Dandrès, avocat et conseiller national (PS), l’initiative de limitation doit être combattue car la libre-circulation est un droit fondamental. Ce droit doit cependant aller de pair avec la limitation de la mise en concurrence des salarié-e-s. Sans quoi, celles-ci et ceux-ci sont bafoués dans leur dignité, leurs droits et leur niveau de vie.
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Combattre l’érosion des salaires

Partisans et opposant-e-s à l’initiative de limitation polémiquent au sujet de l’impact de l’accord de libre-circulation des personnes (ALCP) sur les salaires. Pour l’UDC, l’ALCP aurait poussé les salaires vers le bas; les milieux patronaux affirment qu’il aurait permis d’améliorer les rémunérations. Qu’en est-il ?

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Site de campagne de l'USS

Informations et arguments contre l'initiative de résiliation