NON le 17 mai à l'initiative de résiliation!

L'initiative UDC nuirait à l’ensemble des gens qui travaillent en Suisse, souligne Katharina Prelicz-Huber, présidente du SSP.

Les organisations syndicales appellent à refuser l’initiative de l'UDC – un texte xénophobe qui menace la protection des salarié-e-s.

L’initiative dite «de résiliation» sera soumise en votation populaire le 17 mai prochain. Lancé et défendu par l’UDC, ce texte veut supprimer l’accord de libre circulation des personnes signé avec l’Union européenne et empêcher toute conclusion d’un traité de ce type à l’avenir. Les syndicats dénoncent un texte xénophobe qui menace l’ensemble des travailleuses et travailleurs du pays.

Précariser les migrant-e-s...

Comme l’indiquent les articles consacrés à la question sur le site du parti de droite conservatrice, l’initiative de limitation a une orientation clairement xénophobe. Ses partisans font notamment l’apologie des initiatives racistes lancées par James Schwarzenbach dans les années 1960.

En cas d’acceptation du projet de l’UDC, la Confédération aurait une année pour mettre un terme à l’accord de libre circulation signé avec l’Union européenne (UE). L’objectif de son artisan, Christoph Blocher, est de remplacer ce dispositif par un système de contingents, dont le nombre varierait chaque année «selon les besoins de l’économie» (NZZ am Sonntag, 23 février 2020). Un tel système entraînerait, bien entendu, une précarisation sévère du statut des salarié-e-s issu-e-s de l’UE.

… Et l’ensemble du salariat

Lors du lancement de l’initiative de limitation, Magdalena Martullo-Blocher avait indiqué clairement l’autre objectif principal du texte: mettre à terre les mesures d’accompagnement, considérées comme «une catastrophe pour l’économie». «Les salaires sont de plus en plus contrôlés, on réduit la marge de manœuvre des entreprises», dénonçait la conseillère nationale UDC (Tribune de Genève, 30 janvier 2018), mettant notamment le doigt sur l’augmentation des CCT. C’est donc une «libéralisation» de l’ensemble du marché du travail que vise son parti.

Aggraver les problèmes

Réunies en conférence de presse le 24 février, l’USS et travail.suisse ont dénoncé cette extinction programmée des mesures d’accompagnement. Selon la coalition syndicale, le texte de l’UDC est profondément nuisible pour les intérêts des travailleuses et travailleurs. En effet, il aurait pour conséquence de dégrader la protection des salaires, précariser le statut des employées et employés étrangers ainsi que les conditions de travail de l’ensemble des salarié-e-s. Il entraînerait ainsi une augmentation du dumping salarial et social.

Danger pour les salaires

L’entrée en vigueur des accords bilatéraux a été accompagnée de la mise sur pied de mesures d’accompagnement, rappellent en effet les faîtières syndicales. Depuis leur introduction, les salaires et les conditions de travail sont contrôlés par des commissions paritaires ou tripartites. En cas de dumping salarial «abusif et répété», des salaires minimaux peuvent être introduits dans les branches menacées. La conclusion et l’extension du champ d’application des conventions collectives de travail (CCT) sont aussi favorisées, ce qui explique la hausse du nombre de salarié-e-s couvert-e-s par des accords collectifs. C’est l’ensemble de ce dispositif que l’initiative de résiliation de l’UDC met en danger, dénoncent l’USS et travail.suisse. Son acceptation sonnerait en effet le glas des mesures d’accompagnement – répondant ainsi vœux ultralibéraux de la famille Blocher.

Tous contre tous?

Pour le président de l’USS Pierre-Yves Maillard, l’objectif de la campagne syndicale contre l’initiative de limitation sera le suivant: «Nous nous emploierons à bien faire comprendre que l’attaque est dirigée contre tous les gens qui travaillent et qu’elle vise à substituer aux conventions collectives et au contrôle des salaires une concurrence acharnée de tous contre tous. C’est pourquoi nous voulons le rejet le plus clair possible de cette initiative, afin de défendre la régulation du marché du travail obtenue de haute lutte.»

Exploiter plus facilement

Présente à la conférence de presse, Katharina Prelicz-Huber, présidente du SSP, a aussi dénoncé l’initiative UDC: «On veut retirer des droits aux travailleuses étrangères et travailleurs étrangers afin de pouvoir les exploiter plus facilement. Mais au bout du compte, cela nuirait à l’ensemble des gens qui travaillent en Suisse.»

Plus de droits, pas moins!

Katharina Prelicz-Huber a aussi indiqué la nécessité de renforcer globalement les droits des employé-e-s en Suisse: «Pour obtenir un plus large soutien dans la population, nous avons besoin d’une Loi sur le travail plus forte, d’une meilleure protection contre le licenciement, notamment pour les salarié-e-s âgé-e-s, ou encore de prescriptions sur les salaires minimaux en dehors des branches avec CCT».

Autant de revendications qui entrent en contradiction frontale avec la politique néolibérale et xénophobe défendue par le parti de Blocher.

Conférence de presse des syndicats du 24 février 2020

Communiqué et discours des différent-e-s intervenant-e-s sur le site de l'Union syndicale suisse.

Site de campagne

Le site mis en place par les syndicats suisses:

salaires-emplois.ch

Informations et arguments contre l'initiative de résiliation