La campagne ne fait que commencer, renforçons notre mobilisation!

photo Eric Roset

Le sondage Tamedia concernant les intentions de vote sur la RFFA, publié le 5 avril, donne le «oui» clairement gagnant. Il est donc impératif de renforcer notre mobilisation pour que cette nouvelle arnaque fiscale soit rejetée!

Le résultat du sondage Tamedia [40% «oui»; 19% «non»; 22% «plutôt oui»; 11% «plutôt non»; 8% «indécis»] n'est guère surprenant au vu de la large coalition qui soutient, à grands frais, la RFFA. Rappelons qu’elle va de l’ensemble des organisations patronales à la direction du Parti socialiste suisse (PSS), en passant par le Conseil fédéral. Il l'est d'autant moins si l'on prend en compte la nature fallacieuse de la campagne menée par cette coalition. Elle vise à accréditer l'idée que le projet soumis au vote serait très éloigné de la troisième réforme des entreprises (RIE III), balayée en votation populaire il y a à peine deux ans, qu’il permettrait de «régler deux problèmes urgents» (AVS et fiscalité) et qu'il comporterait, enfin, une véritable «compensation sociale».

Tout cela n’est que de l’enfumage!

1. Sur le plan fiscal, la RFFA est la sœur jumelle de la RIE III. Les deux éléments centraux du projet d'alors sont toujours d’actualité. Il s'agit, d’abord, de nouvelles niches fiscales grâce auxquelles les entreprises réduiront très fortement la part de leurs bénéfices soumise à l’impôt. Deuxièmement, la RFFA stimulera des baisses massives du taux d'imposition des bénéfices dans les cantons. Même Donald Trump n’oserait rêver des taux prévus en Suisse: moitié moins qu’aux Etats-Unis!

2. Ce sont les actionnaires des entreprises les plus rentables qui profiteront de ces cadeaux fiscaux, à hauteur de plusieurs milliards de francs. Cela mènera à des coupes massives dans les services publics, au détriment de la qualité des soins dans les hôpitaux, du développement des crèches, etc. La RFFA privera également les collectivités publiques des ressources nécessaires pour répondre à l’urgence climatique. Enfin, grâce à cette loi, les multinationales continueront à déplacer en Suisse l’argent arraché aux pays pauvres, condamnant à la misère des dizaines de millions d’êtres humains.

3. Prétendre que le financement supplémentaire pour l’AVS serait une «compensation sociale» est une tromperie: les retraité·e·s, actuel·le·s et futur·e·s, ne toucheront pas un franc de plus! Il en va de même de l’affirmation d’après laquelle voter «oui» à la RFFA permettrait d’enterrer la perspective de la hausse de l’âge de la retraite pour les femmes. Le Conseil fédéral n’a jamais renoncé à une telle hausse: elle constituera l’une des principales mesures de son projet AVS 21, qui sera présenté après l’été.

Agostino Soldini, secrétaire central SSP