Enquête sur la charge de travail dans les services publics

Dans quelle mesure les emplois dans les services publics et le secteur subventionné sont-ils pénibles? La situation du personnel s'est-elle améliorée ou dégradée au cours des dernières années? Un sondage a permis au SSP de prendre le pouls de ses membres.

Au début de l'été 2019, environ 20'000 membres du SSP ont reçu un questionnaire détaillé. Le taux de réponse est réjouissant : 3747 questionnaires ont été remplis, ce qui correspond à un taux de 18,7%. Une sélection de questions et de réponses est résumée ci-dessous.

Pour de plus amples informations, n'hésitez pas à vous adresser à:
» Christoph Schlatter, secrétaire central Secteir social et rédacteur VPOD-Magazin
» Christine Flitner, secrétaire centrale Egalité et Enseignement
Secrétariat central SSP, 044 266 52 52

Aperçu des résultats

Sur les près de 3500 personnes qui ont répondu à notre enquête, 68% sont «globalement satisfaites» de leur situation au travail et 76% sont plus ou moins en bonne santé. Néanmoins, les deux tiers (67%) des répondant-e-s se sentent stressé-e-s au travail et pour plus de la moitié (54%), la satisfaction au travail s’est détériorée au cours des quatre dernières années.

-

Le changement le plus manifeste se remarque dans le domaine de la charge psychique au travail: pour trois quarts des répondant-e-s, elle s’est accrue au cours des quatre dernières années.

_

Quelles sont les causes de ces pressions? Les réponses ne laissent pas de place au doute. Il ne s’agit manifestement pas des collègues de travail, avec lesquel-le-s l’écrasante majorité (94%) s’étend bien ou même très bien. Généralement, ce n’est pas non plus la faute des chef-fe-s: la majorité (61%) évalue positivement ses supérieur-e-s ("fait bien son travail").

_

Mais alors, d’où proviennent le stress et la charge psychique? 84% des répondant-e-s indiquent que les tâches administratives ont augmenté dans le cadre de leur travail. Cette question est en outre la seule qui obtient plus de réponses très affirmatives ("tout à fait d’accord") que de réponses plus nuancées ("plutôt d’accord").

_

L'analyse par secteurs montre que l'augmentation de la charge aministrative se répand, en particulier dans les professions et les branches typiquement féminines, qui aujourd’hui, en sus la santé et du secteur social, comprennent aussi le secteur de l’enseignement.

-

En même temps, l'affirmation "Je n’ai pas suffisamment de temps pour effectuer mes principales tâches professionnelles" obtient un taux d'approbation de près des deux tiers (63 pour cent). Les secteurs de la santé, de l'enseignement et du social sont particulièrement touchés par ces phénomènes. Dans les professions où les salarié-e-s sont directement face à des personnes, les exigences bureaucratiques ont un impact particulièrement négatif.

-

Bien entendu, nous avons aussi posé des questions sur la dotation en personnel. Comme on pouvait s'y attendre, 58% des personnes interrogées ont déclaré que les effectifs sont insuffisant, ce qui n'est pas surprenant et confirme ce que le SSP dénonce régulièrement.

_

Le problème de la démarcation vie professionnelle/vie privée en raison de la technologie moderne est perceptible, mais pas (encore) de manière aussi dramatique qu'on pouvait le craindre. 41% indiquent qu'ils-elles doivent encore travailler, au moins occasionnellement, le soir ou le week-end. Concernant les vacances, ce chiffre tombe à 27%. 40% peuvent être contacté-e-s par leur employeur en dehors des heures de travail et 24% pendant les vacances. Le fait de travailler le soir ou le week-end est l'indicateur d'une surcharge de travail – ou d'une suridentification.

-

Il est intéressant de comparer la flexibilité imposée par l'employeur et celle dont on peut soi-même bénéficier comme employé-e. Le sondage montre qu'il n'y a pas de symétrie: 63% déclarent qu'on attend d'elles-eux qu'elles-ils fassent preuve de flexibilité, mais seul-e-s 52% peuvent également bénéficier de la flexibilité "pour leurs propres obligations et besoins".

_

"Après une journée normale de travail, je suis souvent tellement fatigué-e que je suis incapable d’exercer une quelconque activité." Il est choquant de constater que 24% sont tout à fait d'accord avec cette affirmation et 42% plutôt d'accord, soit un total de deux tiers. Cela signifie que la majorité des personnes qui travaillent dans le secteur public et subventionné en Suisse sont trop fatiguées après le travail pour se rendre au cinéma, écouter un concert ou pour aller danser. C'est un constat alarmant.