Toutes et tous à Berne le samedi 28 septembre!

Photo Eric Roset

À Berne, la lutte contre le réchauffement climatique s’arrête où commencent les intérêts de la place économique. Sauver la planète implique au contraire un big bang économique.

Fin août, le Conseil fédéral communiquait qu’il visait « la neutralité climatique » pour 2050. Cette annonce, précisait-t-il, « ne s’accompagne d’aucune obligation internationale directe pour la Suisse ». Ses détails seront fixés « dans la législation lors d’ultérieures révisions de la loi sur le CO2 » [1].

Le projet de Loi sur le CO2, remis sur les rails par la commission de l’environnement du Conseil des Etats, indique la direction prise. Il propose, principalement: une taxation accrue des billets d’avion et de l’essence, ainsi que la mise sur pied d’un Fonds pour le climat. Objectif: «financer des mesures de réduction à long terme des émissions de CO2 des bâtiments» [2].

Présenté comme «ambitieux», ce projet ne prévoit aucune mesure pour brider la place financière helvétique – dont les investissements induiront un réchauffement mondial de 4 à 6 degrés [3]; aucune mise au pas des multinationales qui, depuis leur siège helvétique, organisent des filières de production hautement destructrices pour l’environnement (pétrole, agrochimie, extraction de minerais, agroalimentaire, ciment, etc.); rien sur le développement d’un service public (notamment de transport) écologique.

Pas un mot, non plus, sur les accords commerciaux signés par la Suisse. Un thème d’une actualité pourtant brûlante: le 24 août, le conseiller fédéral (UDC) Guy Parmelin annonçait la signature d’un traité de libre-échange avec le Mercosur. Objectif: favoriser les exportations de machines suisses vers quatre pays d’Amérique du Sud, dont le Brésil de Bolsonaro – et celles de l’agronégoce, principalement brésilien et argentin, vers la Suisse.

Le «succès» de M. Parmelin a été annoncé alors que le monde avait les yeux rivés sur les incendies en Amazonie – dont les principaux responsables sont les sociétés de l’agrobusiness. Pas de quoi faire reculer le Conseil fédéral: l’ouverture d’un marché de 260 millions d’habitants est un «enjeu trop important pour notre économie».

Le message est clair. À Berne, la lutte contre le réchauffement climatique s’arrête où commencent les intérêts de la place économique. Et si elle peut les servir, c’est encore mieux. Comme dans le cas de l’entreprise des Blocher, EMS-Chemie, qui a reçu 7 millions de francs de la Confédération en raison de règles trop généreuses sur les émissions de CO2 [4]. Pendant qu’on demande au salarié lambda, souvent obligé de prendre la voiture pour aller bosser, de passer à la caisse.

Sauver la planète implique au contraire un big bang économique, à l’image du Green New Deal défendu par Bernie Sanders aux Etats-Unis. Imposer un tel changement implique d’affronter les intérêts des grandes banques et entreprises, qui tirent leurs profits d’un modèle néolibéral destructeur – de la nature comme des droits sociaux.

Pour aller dans ce sens, il sera nécessaire de tisser une alliance entre le magnifique mouvement des jeunes en grève pour le climat et les organisations de salarié-e-s. L’appui de l’Union syndicale suisse à la manifestation nationale pour le climat est un pas dans cette direction.

Toutes et tous à Berne le 28 septembre!

Guy Zurkinden, rédacteur Services Publics

Plus d'infos sur la manifestation du 28 spetembre 2019


[1] Communiqué de l’Office fédéral de l’environnement, 28 août 2019.

[2] Commission de l’environnement du Conseil des Etats: communiqué du 16 août 2019.

[3] Office fédéral de l’environnement: Risque carbone pour la place financière suisse. 30 octobre 2015.

[4] Le Matin dimanche, 25 août 2019.


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