Mêmes droits pour toutes et tous !

de: Commission fédérative Migration

La Commission fédérative de la migration du SSP a tenu une conférence nationale le samedi 18 novembre à Bâle sur le thème « Mêmes droits pour toutes et tous ! ». Les délégué-e-s ont voté deux résolutions.

La première résolution critique le traitement différencié que la Suisse réserve aux immigré-e-s selon leur origine. La fragilité de certains statuts rend plus difficile de les défendre contre l’exploitation sur le lieu de travail, car ils et elles courent le risque de perdre leur permis de séjour en cas de licenciement. Les syndicats ont d’autant plus le devoir d'informer les migrant-e-s sur leurs droits et d’assurer leur défense.

La deuxième résolution porte sur le travail de prise en charge et de soins, 24 heures sur 24 dans les ménages privés. En Suisse, environ 10'000 migrants pendulaires, principalement des femmes qui viennent des pays de l’est, sont engagés dans ce secteur. Le SSP soutient ces travailleuses, notamment afin qu’elles puissent faire valoir leurs droits devant les tribunaux. Mais le SSP s’engage également pour améliorer et réglementer leurs conditions de travail. A l’heure actuelle, la Confédération élabore des recommandations pour des contrats type de travail. Pour le SSP, la Loi sur le travail doit être respectée et des règles doivent être établies en matière de durée du travail, pauses, périodes de repos, piquets et heures de présence.

Durant cette journée, Katharina Prelicz-Huber a souligné que la richesse de la Suisse était et sera développée par tous les habitant-e-s de notre pays. Des secteurs entiers de l'économie suisse ne peuvent fonctionner sans l’apport des immigré-e-s. Il en va ainsi du secteur de la santé, du nettoyage, de la science, du bâtiment ou encore de la gastronomie. Il faut sans cesse le rappeler alors que les migrant-e-s sont souvent les boucs émissaires d’une politique de redistribution des richesses du bas vers le haut !

L'avocat Marc Spescha, expert en droit des étrangers, a mis en évidence un système juridique dual ouvert aux bénéficiaires de la libre circulation, mais restrictif, voir défensif, avec les migrant-e-s venant des Etats tiers. Les autorités en charge de la migration, notamment en Suisse alémanique, font souvent des fautes et agissent selon une pratique très rigide et restrictive. Cette pratique se constate même avec des ressortissant-e-s de l’Union européenne pourtant soumis-es à la libre circulation. Pour Marc Spescha la libre circulation est une réglementation progressive qui devrait être défendue et appliquée. Le spécialiste voit dans l’extension progressive de la libre circulation aux pays limitrophes de l’Europe, l’avenir d’une politique migratoire à visage humain.

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18.11.2017 Ensemble nous sommes forts. Ensemble pour une autre Suisse PDF (63 kB)
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18.11.2017 Nous revendiquons davantage de respect ! PDF (54 kB)
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