Oui pour renforcer l'AVS!

Le système de prévoyance a de gros problèmes: les rentes de l’AVS – l’assurance de base qui couvre toutes et tous les travailleuses et travailleurs – sont trop basses, l’AVS doit être améliorée. Les temps partiels – majoritairement des femmes – sont discriminés dans le 2e pilier, ou même pas assurés du tout. Le deuxième pilier est en crise, à cause des rendements insuffisants mais aussi parce qu’il ne maîtrise pas les conséquences de l’allongement de l’espérance de vie. Le financement de l’AVS n’est plus suffisant, puisque la génération des baby-boomers fait croître le nombre de nouveaux rentiers et rentières.

Tabou brisé

Plusieurs réformes du système de prévoyance sont nécessaires: il faut élargir l’AVS; il faut fortifier son financement; il faut abolir la discrimination des temps partiels dans le 2e pilier; il nous faut des compensations pour la chute des prestations dans la LPP. Les syndicats et la gauche ont lancé plusieurs initiatives: pour permettre une retraite anticipée (5 initiatives au cours des deux dernières décennies); pour stabiliser le financement de l’AVS (initiative pour l’imposition des successions au profit de l’AVS); pour élargir l’AVS (initiative AVSplus). Malheureusement, nous n’en avons gagné aucune. Mais la dernière, l’initiative AVSplus, a contribué à briser un tabou au Parlement, qui refusait jusqu’ici toute amélioration du 1er pilier.

Un pas en avant

Le projet «Prévoyance 2020» est un compromis, certes, mais il représente un important pas en avant:

  • Amélioration pour les temps partiels: dorénavant, les garanties minimales de la Loi sur la prévoyance professionnelle (LPP) s’appliqueront aussi sur les comptes des temps partiels, grâce à la nouvelle définition du montant de coordination. Jusqu’ici, les temps partiels n’avaient même pas droit au taux d’intérêt de la LPP ni au taux de conversion LPP.
  • Amélioration pour les chômeuses et les chômeurs âgé-e-s: ils pourront maintenir leurs prestations du 2e pilier – jusqu’ici, ils étaient obligés de consommer leurs avoirs du 2e pilier après l’expiration de leur droit à l’assurance chômage.
  • La réduction du taux de conversion dans le deuxième pilier est compensée par une garantie des droits acquis sur l’avoir LPP (dès 45 ans).
  • Le niveau des rentes AVS est augmenté: 840 francs pour les célibataires, jusqu’à 2700 francs pour les couples – qui représentent la majorité des rentières et rentiers. 500 000 femmes travaillant à temps partiel n’auront que l’AVS à leur retraite. Elles bénéficieront toutes de l’amélioration des rentes AVS.
  • Le financement de l’AVS est consolidé: les 0,3% qui vont actuellement à l’AI (jusqu’à la fin 2017) ne tomberont pas à l’eau mais seront mis à profit pour le financement de l’AVS, ce qui représente 1000 millions par année et permettra de stabiliser les comptes de l’AVS. La croissance des dépenses de l’AVS pour les baby-boomers sera couverte par une légère augmentation supplémentaire de la TVA – 0,3% dès 2021.
  • La stabilisation du financement de l’AVS est capitale pour les retraité-e-s, sinon l’adaptation automatique des rentes AVS est en danger. Avec le projet Prévoyance 2020, ce mécanisme d’adaptation automatique est sauvegardé et maintenu. Cet élément sera très important lorsque l’inflation sera de retour, ce qui ne saurait tarder.
  • Pour celles et ceux qui prennent une retraite anticipée, les pertes dans l’AVS seront réduites. Pour une année de retraite anticipée AVS, la réduction de la rente sera de 4,1% au lieu des 6,2% actuels.

L’AVS stabilisée

Il est vrai qu’en contrepartie, nous avons perdu sur l’âge de la retraite des femmes, qui sera égalisé sur celui des hommes, à savoir à 65 ans. Mais avec la stabilisation du financement de l’AVS, toute discussion sur l’augmentation de l’âge de retraite à 67 ans (pour les femmes et les hommes) pourra être close. L’AVS sera de nouveau dans les chiffres noirs et elle y restera. Pour la première fois depuis deux décennies, les rentes AVS sont augmentées réellement, l’AVS est stabilisée et fortifiée.

L’Assemblée des délégué-e-s (AD) du SSP ainsi que l’AD de notre faîtière, l’Union syndicale suisse, ont adopté le mot d’ordre du OUI à ce paquet, qui permet d’avancer considérablement dans le domaine de la prévoyance.

Nous vous invitons à suivre ce mot d’ordre et à déposer un OUI dans les urnes.

Katharine Prelicz-Huber, présidente nationale du SSP

Stefan Gigier, secrétaire général SSP